Mémorial du génocide arménien à Lyon
Mémorial du génocide arménien à Lyon © Jean Lemoine / Jean Lemoine

"Les hommes sont incapables de pardonner ce qu'ils ne peuvent punir, disait la philosophe Hannah Arendt; ils sont incapables aussi de punir ce qui se révèle impardonnable". Le 23 janvier, la proposition de loi visant à réprimer la contestation des génocides - implicitement le génocide arménien - était adoptée par le Sénat, avec un vote plus hésitant, cependant, qu'au Palais-Bourbon.

Ce texte qui veut s'inscrire dans le prolongement de la reconnaissance, en 2001, du génocide arménien et qui vise ceux qui le contesteraient ou le minimiseraient "de manière outrancière" a déjà suivi un parcours chaotique. Et ce n'est pas fini ! A la surprise générale, 77 sénateurs, de tous groupes, et 65 députés, membres pour beaucoup de l'UMP, sont parvenus à se mettre d'accord et à signer ensemble deux recours devant le Conseil Constitutionnel. Quelle que soit la date de la décision des Sages, elle interviendra pendant la campagne électorale.

Cette pénalisation, âprement discutée, de la contestation du génocide arménien est une tentative encore récente - une tentation, disent beaucoup d'historiens.

Aujourd'hui c'est l'histoire, étonnamment longue, de la reconnaissance du génocide qui va nous retenir. Elle n'est toujours pas accomplie dans l'opinion turque. Mais elle n'était pas, au départ, une évidence chez les Arméniens. Comment, au fil des générations et dans tous les lieux où sont rassemblés des Arméniens, du Mont Ararat à la diaspora, est-elle devenue une exigence unique, simple, fondamentale ?

C'est ce que nous allons tenter d'expliquer avec Michel Marian.

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