elle avait choisi de répondre en construisant une légende...

Jacqueline Kennedy née Bouvier - 1961
Jacqueline Kennedy née Bouvier - 1961 © AFP / UPI

« Je suis le type qui accompagne Jackie », disait John en 1961, à son arrivée à Paris où sa femme avait depuis longtemps ses marques. Il lui arriva de surenchérir sur le même mode plaisant : « J’ai coupé à temps les ailes d‘une future grande journaliste qui serait devenue gênante pour le pouvoir politique. »

Ce mariage fut une association d’ambitions assez solide pour tenir jusqu’au bout. L’assassinat de Dallas survenu, Jackie décida de finir l’histoire demeurée inachevée en mettant en scène le couple et la famille qu’ils avaient été. C’est que suggère bien le film de Pablo Larrain qui sort sur les écrans ce mercredi. John et elle avaient aimé la comédie musicale « Camelot » ? Elle décrivit les mille jours de la présidence comme une sorte de récit du roi Artur… Dans la grande opération patrimoniale de réaménagement de la Maison blanche qu’elle avait brillamment piloté, elle avait découvert des albums de photos consacrés à Lincoln ? Elle organisa sur le modèle des funérailles de Lincoln celles de John, ajoutant cette touche qui dit tout de son sens de la représentation : le salut militaire du petit John-John devant le catafalque de son père. Une administration américaine, c’est aussi un style - on le voit bien aujourd’hui.

L’écrivain Julien Gracq avait cette formule : « Le public est avide de révélations plus qu’il ne cherche à approcher de la vérité. » Jackie connaissait l’envers du décor Kennedy. Elle savait que viendrait le temps de l’inspection acharnée des coulisses. Avant même que celle-ci ne commence, elle avait choisi de répondre en construisant une légende.

Le film "Jackie" de Pablo Larraín actuellement en salles.

Programmation musicale :

Julie Andrews "The Simple Joys of Maidenhood" extrait du film "Camelot" (1967)

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