La Suisse a ses méthodes. Une initiative populaire est lancée, elle recueille un nombre suffisant de signatures et elle est soumise au vote. Les sujets choisis sont généralement pragmatiques. Cette fois, dans un mois, c’est la redevance...

Bientôt la fin de l'audiovisuel public suisse ?
Bientôt la fin de l'audiovisuel public suisse ? © AFP / Fabrice COFFRINI

La Suisse a ses méthodes. Une initiative populaire est lancée, elle recueille un nombre suffisant de signatures et elle est soumise au vote. Les sujets choisis sont généralement pragmatiques. Cette fois, dans un mois, c’est la redevance. Deux fois et demie plus importante en Suisse qu’en France, elle est accusée de nourrir un monstre bureaucratique, un ogre empâté.

On connaît l’argumentation, elle opère aussi en France. Seulement, ici, les procédures de décision sont autres. Le président de la République décide d’ouvrir le dossier de son propre chef. Comme dans tant d’autres, il donne un coup de pied dans la fourmilière. Il laisse entendre que le service public est une pétaudière puis il observe les réactions tout en se dissimulant derrière un écran de fumée. Le public croit qu’il s’agit d’un problème de personnes – un président de Radio France plutôt qu’un autre - ou d’un rapprochement forcé de la radio à la télévision, façon ORTF des anciens temps.

Il s’agit de bien autre chose. Le débat qui a pu s’ouvrir en Suisse permet de le faire comprendre alors que rien n’est clairement expliqué à l’opinion française.

Dans la Confédération, la fusion des sociétés publiques de télévision et de radio a déjà eu lieu,  avec pour conséquence la domination de la télé - c’était prévisible, c’est mécanique. Mais là encore,  le vrai sujet est devant nous. Les écrans de télé ne sont plus fixes; les nouveaux usages privilégient les écrans mobiles, tablettes, smartphones.  En, Suisse comme en France, on nous assène qu’il faut être d’abord, voire uniquement, sur ces écrans dont il est décidé à l’avance  qu’ils assujettiront leurs clients pour l’éternité, dans le meilleur des mondes.

Cette convergence qu’il faudrait organiser à marches forcées s’appelle le media global. Le grand bassin numérique où la règle est qu’il n’y en a pas. Comment le service public, qu’on y plongerait  tout entier, peut-il y garder un couloir qui lui soit propre ? Surtout s’il a été dévêtu préalablement de ce qui le rend encore identifiable. 

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