Libre de toute prétention esthétique autre que celle d’impressionner par sa taille colossale, la statue est une figure ouverte. Quand elle a été conçue les Etats-Unis ne se souvenaient plus guère de La Fayette mais si elle peut faire croire que l’amitié franco-américaine obéit à une magnifique continuité, tant mieux...

La statue de la Liberté en 1890
La statue de la Liberté en 1890 © Getty / Wallace G. Levison

C’est heureux, après des moments difficiles, de commencer l’année avec vous et en compagnie de la statue de la Liberté.

L’an tumultueux qui vient de s’achever, vous aurez peut-être lu le dernier Lucky Luke. L’auteur, il faudrait dire : le promoteur, de la statue s’avance vers le cow-boy : « Quel plaisir de rencontrer une légende de l’Ouest. Je me présente : Auguste Bartholdi ».

Ensuite, l’album adapte à sa façon le récit du projet puis de la construction du monument. Et il a raison de prendre ses aises. La version canonique de l’histoire tient elle-même de la légende et, après tout, chacun a le droit de s’installer à l’intérieur de la statue et d’y prendre ses aises. Bartholdi n’y organisait-il pas lui-même des dîners.

Libre de toute prétention esthétique autre que celle d’impressionner par sa taille colossale, la statue est une figure ouverte. Quand elle a été conçue, les Etats Unis ne se souvenaient plus guère de La Fayette et en 1870, ils préféraient la Prusse à la France mais si elle peut faire croire que l’amitié franco-américaine obéit à une magnifique continuité, tant mieux.

Bartholdi ne pensait certes pas à la question de l’immigration en la concevant. Et pourtant l’histoire de la statue lui est maintenant extrêmement liée. Plus elle se pose, plus l’intérêt pour la statue grandit. C’est ainsi.

L’amitié franco-américaine présentement mise en échec, l’immigration repoussée avec la dernière énergie par Donald Trump… On voit quelques-unes des zones d’ombre qu’éclaire la torchère de la statue. Mais les films et les innombrables jeux vidéo qui lui sont consacrés montrent à satiété que chaque fois qu’elle est menacée, elle est sauvée. La liberté souffle de la mer et a ici sa demeure. Bonne année.

Programmation musicale : John Irving "Miss Liberty" (1949)

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