De 476, année terminale, nous allons, ce dernier jour de la grille de programmes de France Inter, vous proposer une libre interprétation...

De 476, année terminale, nous allons, ce dernier jour de la grille de programmes de France Inter, vous proposer une libre interprétation.

C’est une pépite que nous avons découverte dans les archives de l’INA, au hasard d’une couche archéologique datée 1971. Il s’agit d’une pièce d’un immense et féroce auteur suisse de langue allemande, Friedrich Dürrenmatt. Elle est datée de 1948. L’écrivain est jeune alors, il ne craint ni l’absurde ni le cocasse. Un peu plus tard, sa célébrité deviendra mondiale. Ce qui explique qu’il soit joué en 1971 par le TNP lui-même, le TNP époque Georges Wilson.

N’attendez pas l’exactitude historique. Pour obtenir les effets qu’il souhaite, Dürrenmatt lui tourne au contraire le dos -ostensiblement.

Certes, en 476, comme il est dit dans la pièce, Odoacre va mettre fin à l’Empire romain d’Occident. Mais pour le reste ! L’empereur d’Orient, Zénon, interprété ici par l’étonnant Daniel Emilfork, ne se trouvait pas dans la situation piteuse qui vous sera présentée. Quant au dernier souverain d’Occident, ce n’était pas l’homme bien en chair que va incarner Michael Lonsdale mais seulement un enfant dont l’histoire n’a gardé que le surnom : le minuscule, l’Augustule. Mais Dürrenmatt avait besoin d’un personnage qui fût au fond un sage : un homme fait qui choisissait délibérément de laisser se défaire son pouvoir puisque le destin de tout empire est de périr sous ses contradictions.

La première scène se déroule dans la villa d’été de l’empereur en Campanie. Nulle année, nul hiver, Romulus-Lonsdale ne l’a quittée. Il n’est jamais allé jusqu’à Rome. Son idéal est de rester tranquille et de laisser les autres tranquilles. Sa seule passion politique est l’aviculture. A ses poules, il a donné par ironie le nom de ses illustres prédécesseurs. Et à la meilleure pondeuse, celui de son ennemi Odoacre : il ne faut pas insulter l’avenir ; aucun homme, fût-il empereur ne peut l’empêcher de prendre la place qui lui est dû. En attendant, l’empereur voudrait bien commencer sa journée sans qu’on l’embête. Mais l’impératrice – Loleh Bellon- et les ministres qui lui restent, Tullius Rotondus – William Sabatier et Marès- André Cellier ne le laissent pas en paix.

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