Régis Debray
Régis Debray © Vincent Isore/IP3/MaxPPP

Parmi les quelque soixante-dix livres qu’il a publiés, Régis Debray taille un Carnet de Route . Écartant ses travaux philosophiques, médiologiques, critiques, politiques, il a opéré un choix entre les seules œuvres où il dit « JE ». En résulte tout de même un volume de plus de 1 100 pages jalonné, selon le principe dela collection Quarto , par les différentes étapes de sa biographie. Et celle-ci est riche…

À l’entendre, elle a commencé sous Chilpéric et, aujourd’hui, se poursuit sous le règne de Sa majesté Selfie . C’est en Amérique latine que, jeune homme de bonne famille devenu guerillero , il s’est retrouvé entre deux feux, et prisonnier des quatre murs d’une cellule à Camiri en Bolivie. «On court dehors et on se retrouve dedans ». C’est en prison que commence sa redécouverte de la France. Elle s’approfondit quand il travaille aux côtés de François Mitterrand.

Après Fidel, le Che, Allende, Mitterrand fut un nouveau révélateur – on n’ose dire : un nouveau père. Il n’y en eut plus d’autre, après lui. Aujourd’hui, Régis Debray dit s’être éloigné d’une vie politique qui n’est plus adossée au passé et où l’engagement se conçoit sans fidélité.

Candide à sa fenêtre, il observe cependant l’époque avec une attention vigilante. Nous sommes, dit-il, dans un temps expérimental, un temps inouï : les grandes espérances sont mortes, nous vivons dans le bruit que fait la fragmentation. Et, tout guilleret, Debray attend l’épreuve.

Regis Debray et Salvador Allende au Chili en 1971
Regis Debray et Salvador Allende au Chili en 1971 © Getty Images
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