Au général Weygand qui, le 20 mai, a été nommé en catastrophe à la tête des armées, il reste une cinquantaine de divisions. Le 31 mai une partie du gouvernement a assisté, fait unique, à l'office organisé au Sacré Cœur par l'archevêque de Paris. N'y a-t-il plus d'autre recours ? La situation est-elle désespérée ?

Le général Weygand, Paul Baudouin, Paul Reynaud et le maréchal Pétain à la sortie du Conseil des ministres du 21 mai 1940
Le général Weygand, Paul Baudouin, Paul Reynaud et le maréchal Pétain à la sortie du Conseil des ministres du 21 mai 1940 © Getty / Keystone-France

Série "La tragédie de juin 40"

Au général Weygand qui, le 20 mai, a été nommé, en catastrophe, à la tête des armées, il reste une cinquantaine de divisions : les meilleures, engagées en Belgique, ont été perdues ou bien sont prises dans le piège de Dunkerque. Victoire dans la défaite, les Anglais réussiront à y faire réembarquer beaucoup plus d'hommes que prévu mais Weygand ne leur en vouera pas beaucoup de reconnaissance. Il mène une guerre française, l'Angleterre ne compte pas, il ne compte pas non plus sur l'Empire : si la guerre est perdue sur le sol national, elle l'est définitivement.

Le 31 mai, une partie du gouvernement a assisté, fait unique, à l'office organisé au Sacré Cœur par le nouvel archevêque de Paris. N'y a-t-il plus d'autre recours ? La situation est-elle désespérée ?

En fait, une partie seulement du territoire serait touchée si la panique de l'exode ne mettait, après les Luxembourgeois et les Belges, des millions de Français sur les routes. Des unités tiennent encore le choc. Et le moral des Français est plus entier qu'il ne l'a été à d'autres périodes. Les tous premiers jours de juin, quand commence une nouvelle bataille décisive sur la Somme, reconstituent l'Union nationale.

Les ouvriers, en particulier, travaillent comme ils ne l'ont jamais fait dans les usines d'armement. De nouveaux avions très performants, les Dewoitine D.520, sortent des ateliers par centaines.

Mais c'est un peu tard. La bataille de l'armement ne se gagne pas en quelques jours comme celle de la Marne en 1914. Il aurait fallu un peu plus de temps et, surtout, un meilleur usage des matériels par les états-majors qui continuent de faire la guerre comme en 1918 alors qu'il s'agit maintenant de toute autre chose.

Les soldats de 40, souvent très courageux - 100000 sont morts en un mois - ne méritaient pas les chefs qu'ils ont trop souvent eus.

Bibliographie

Jean-Louis Crémieux-Brilhac Les Français de l'an 40 Folio-Gallimard

Max Schiavon Weygand  - L'intransigeant Tallandier

Max Schiavon Les carnets secrets du général Huntziger Pierre de Taillac

Max Schiavon Corap  - Bouc émissaire de la défaite de 1940 Perrin

Général Yves Lafontaine La Bataille de Sedan  - 10-14 mai 1940 Editions de Fallois

Général André Beaufre Le drame de 1940 Perrin

Julien Gracq Un balcon en forêt Editions José Corti

Claude Simon La Route des Flandres Editions de Minuit

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Ray Ventura et ses Collégiens On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried

Germaine Sablon Le ciel de France

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