Tribune des orateurs sur la Pnyx à Athènes
Tribune des orateurs sur la Pnyx à Athènes © Qwqchris / Qwqchris

L'accès à la parole pour chacun, c'est, disait Jacqueline de Romilly, le pas décisif. Des individus qui se font face, qui échangent des mots et des argumentations qui se croisent. C'est, pour utiliser un mot qui eut son importance dans le développement de la pensée grecque : l’isonomie - l’isegoria , l'égalité dans la confrontation des points de vue.

Puis vient le moment, à Athènes, où le pouvoir arraché au secret, éclairé par le verbe, le logos, est partageable. C'est la démocratie, littéralement: le pouvoir –kratos- au peuple –demos- .

Au vrai, le peuple, ce n'est pas toute la population. En sont exclus les esclaves, les étrangers, les femmes évidemment. Restent peut-être, pour exercer les droits de la citoyenneté, 10 ou 15% de la population de l'Attique.

C'est trop cependant pour les oligarques, qui recrutent chez les possédants mais aussi chez les premiers historiens et philosophes: un conseil restreint de sages, ce serait tellement mieux!

Aujourd'hui, certains rêvent d'une gouvernance par les seuls experts et d'une forte abstention populaire, la Grèce est mise au ban des nations, sans égards pour son passé. C'est le moment de dire que la démocratie athénienne, si limitée et provisoire qu'elle fût, mérite de garder sa place parmi nos fondamentaux.

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