La pauvreté était son destin. Il la présenta comme un défi. Un absolu : le pauvre est à l’image du Christ. Un levier : « Donnez mes livres aux pauvres et vous verrez l’ébranlement ! »

Portrait de Léon Bloy (1895)
Portrait de Léon Bloy (1895) © AFP / Leemage

Au « Chat noir » comme dans tous les journaux auxquels il a collaborés, il n’a pas duré : il est vrai qu’il taillait des scalps plus qu’il ne rédigeait des articles.

Le Désespéré, Le mendiant ingrat, La femme pauvre ? Il aurait voulu écrire ses romans comme des cris. Ce n’était pas précisément reposant pour le lecteur qui se bouchait les oreilles.

Ses essais comme Le Salut par les juifs qui eut peut-être sa préférence ? Il avait la main puissante, il écrivait vraiment énorme.

On aura compris qu’il ne se destinait pas au succès. C’est seulement en 1904, avec la parution du premier tome du Journal, que Bloy commença à être un peu entendu. De toute façon, sa position préférée consistait à se tenir debout, en témoin de Dieu, au carrefour d’idées hautes et tenant tête à la foule.

La pauvreté était son destin. Il la présenta comme un défi. Un absolu : le pauvre est à l’image du Christ. Un levier : « Donnez mes livres aux pauvres et vous verrez l’ébranlement ! »

Mais, comme le disait son ami le peintre Rouault, « ses yeux qui devenaient facilement menaçants étaient si facilement miséricordieux »… Bloy était un puits de tristesse qui ne demandait qu’à se remplir d’amour. C’est une des raisons qui font que ses livres qui ne l’ont pas fait vivre revivent si intensément en ce centième anniversaire de sa disparition – il est mort dans les ténèbres de la Grande Guerre, le 3 novembre 1917.

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