En 1939, préfet d’Eure-et-Loir, Jean Moulin organise une exposition pour le 150ème anniversaire de 1789, dont il dessine l’affiche mais dont il devine peut-être qu’il ne l’inaugurera pas car la guerre aura éclaté… Son destin basculera à ce moment.

Dessin Jean Moulin - cirque
Dessin Jean Moulin - cirque © Radio France

Son ami Marcel Bernard qui prit début 1940 aux Arceaux à Montpellier la photo que tous connaissent et qui mit quarante ans à comprendre qu’elle était devenue une icône, disait : « Bon, sans être beau ni laid, il n’était pas mal mais enfin, quand il entrait quelque part, tout le monde ne se retournait pas pour le regarder. »

C’est ainsi : la postérité a fait de Jean Moulin quelqu’un qui dépasse ce que furent son physique, son caractère, ses projets et ses ambitions. Il ne s’appartient plus.

Avec les années, chaque jour de son existence a été scruté. Son rôle-clé dans la Résistance clandestine bien sûr mais peu à peu, à l’initiative de Daniel Cordier, parti à la recherche de l’« Inconnu du Panthéon », ce furent son enfance, sa carrière de haut fonctionnaire de la République, son activité de dessinateur et de collectionneur. Et, ces derniers temps, sans que Cordier y soit pour rien cette fois, on s’est beaucoup préoccupé de sa vie amoureuse : on croirait presque que c’est devenu le plus important.

Déplier chaque moment de l’existence de Jean Moulin prenant beaucoup plus de temps qu’il ne lui en a fallu pour le vivre, la proposition que nous fait Bénédicte Vergez-Chaignon, qui travailla dix ans au côté de Cordier, sera de s’arrêter sur quelques journées particulières. En 1939, préfet d’Eure-et-Loir, il organise alors une exposition pour le 150ème anniversaire de 1789, dont il dessine l’affiche mais dont il devine peut-être qu’il ne l’inaugurera pas car la guerre aura éclaté… Son destin basculera à ce moment.

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