Famadihana : le mot est intraduisible. Retournement des morts dans leurs tombeaux, exhumations, réenveloppement des squelettes dans leurs lambas, les pagnes-linceuls, réinhumation enfin. Et souvent, répétition, quelques années plus tard, du même rituel si les familles en prennent l’initiative.

Rituel du Famadihana (retournement des morts) à Madagascar en 1987
Rituel du Famadihana (retournement des morts) à Madagascar en 1987 © Getty / Malanjaona Rakotomalala

Rediffusion du 2 novembre 2018

A Madagascar, la colonisation n’a jamais réussi à faire fléchir  complètement le système des croyances indigènes. Davantage : les  étrangers sont comme fascinés par les rituels qui se pratiquent toujours  dans la Grande Ile, notamment autour des morts au long des années qui  suivent leurs premières funérailles.

On parle de famadihana. Le mot est intraduisible. Retournement des morts dans leurs tombeaux, exhumations, réenveloppement des squelettes dans leurs lambas, les pagnes-linceuls, réinhumation enfin. Et souvent, répétition, quelques années plus tard, du même rituel si les familles en prennent l’initiative.

Les destins du mot famadihana, projeté hors de l’île, rebondissant  jusque chez les psychanalystes, ont été inattendus. Pareillement, les  variations des rituels. Mais demeurent quelques fondamentaux.

D’abord l’idée que le premier groupe avec lequel doivent contracter  les vivants, ce sont les morts. Ensuite, s’il y a des groupes ou des  personnes privés d’ancêtres, ils peuvent faire advenir leurs morts  jusqu’à ce rang. Enfin, c’est de leur vivant même que les personnes doivent entretenir le désir de devenir des ancêtres. Les enfants eux-mêmes sont entraînés par cette aspiration. C’est par le tombeau qu’ils prouvent qu’ils fabriquent du futur.

Et c’est dans la joie, la musique, les libations que se reproduit le famadihana. Autant les premières funérailles sont tristes, autant les secondes et celles qui peuvent suivre se déroulent dans un climat de fête. Fabriquer des ancêtres, c’est une affaire joyeuse.

Programmation musicale : Jaojaby Somaiko Somainao (2001)

Marovany / Valiha (cithare malgache) Musique de cour de Madagascar (1985)

Remerciement à Marie-Dominique Rasoarimanana

Références:

Madagascar : les ancêtres au quotidien - Usages sociaux du religieux sur les Hautes Terres malgaches, ecrit par Malanjaona Rakotomalala, Sophie Blanchy, Françoise Raison-Jourde (L'Harmattan) 

Madagascar, écrit par Pierre Vérin (Karthala)

Un culte d'exhumation des morts à madagascar : le Famadihana - Anthropologie psychanalytique, écrit par Pierre-Loïc Pacaud (L'Harmattan)

Madagascar - Arts de la Grande Ile, écrit par Aurélien Gaborit (Actes sud / Musée du quai Branly)

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