Le roi Hammu-rabi dont le fameux Code est exposé au Louvre a été l’initiateur d’un premier empire de Babylone qui ne dura qu’un instant, au XVIIIe siècle avant notre ère. « Que l’homme qui a un procès lise ma stèle écrite, que ma stèle lui montre son cas et qu’il voie son verdict… »

Détail de l'Étendard d'Ur, British Museum, London, England
Détail de l'Étendard d'Ur, British Museum, London, England © Werner Forman/Werner Forman/Corbis

L’invention de l’écriture, entre Tigre et Euphrate, et l’établissement de monarchies qui rendaient la justice en même temps qu’elles faisaient la paix et la guerre nous font dire que la Mésopotamie se tient à l’aube de notre histoire.

Mais la proximité prétendue peut aussi bien être une illusion. C’est plus tard et ailleurs que viendra le « miracle grec » dont Jean-Pierre Vernant disait qu’il avait établi la distinction des domaines politique, économique, artistique, scientifique, les extrayant de l’atmosphère magique où ils se recoupaient jusque là.

Il faut se méfier aussi de l’abondance de la documentation. A la différence de la Grèce dont nous avons gardé beaucoup de monuments, la Mésopotamie nous a livré surtout des tablettes, une mer de tablettes qui pourrait nous ensevelir. C’est comme si nous avions les notes préparatoires d’un livre mais pas le livre.

Quand on considère la Mésopotamie, ce n’est pas facile d’adapter sa vue. Il ne faut pas regarder l’objet comme trop proche, il ne faut pas que l’abondance de documentation aveugle.

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