Louis XV enfant en promenade à cheval en vue du château du Grand Trianon - Jean-Baptiste Martin - 1724
Louis XV enfant en promenade à cheval en vue du château du Grand Trianon - Jean-Baptiste Martin - 1724 © domaine public

On peut toujours compter sur Saint-Simon pour faire descendre Louis XIV de l’échelle de la gloire.

La versaillologie traditionnelle est accoutumée à chanter le triomphe du souverain sur la nature : de même qu’il touche les écrouelles, il fait surgir l’eau vive, les perspectives de ses jardins débouchent sur un pays qui est aussi bien dessiné qu’eux etc. Le petit duc, évidemment, n’est pas convaincu qu’en matière d’aménagement, l’action du grand roi soit plus juste que dans d’autres.

Qu’est-ce que ce domaine sans terre, sans bois, sans eau, demande-t-il avec la pointe d’exagération qui fait son charme ? Il constate aussi qu’une fois l’eau venue à grands frais, elle est vite polluée de mille façons. Et que dire des animaux ? On réussit à les rendre nombreux pour la chasse mais à peine est-on dans un cycle favorable pour le gibier qu’il se retourne illico.

Le roi-machine, le roi-tuyaux fait construire des rigoles et des canaux. Le roi-chasseur des murs pour retenir le gibier. Il n’empêche : des flux d’eaux, d’animaux entrent, sortent, se régénèrent, avec lesquels il faut négocier par arrangements, expérimentations, au gré de difficultés qu’on n’avait pas anticipées. Saint-Simon, qui regardait toujours en arrière, serait content de nous entendre dire dans notre langage d’aujourd’hui qu’il ne peut y avoir d’absolutisme environnemental.

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