La pomme revient sans cesse dans l’Ecriture puis dans la littérature pour nous rappeler que nous avons perdu le jardin d’Eden. La peinture n’a jamais cessé non plus de la montrer du doigt, d’autant qu’elle pose la question de la lumière et celle du volume. Il est temps d’écouter la pomme...

La résurrection des pommes
La résurrection des pommes © Getty / pepifoto

Si on s’en tient au texte d’origine du livre de la Genèse, il y est question, dans le paradis terrestre, d’un fruit de l’arbre, bon à goûter et séduisant à voir. Dans les traductions en latin, le mot pomum nomme au départ tout fruit comestible d’un arbre, qu’il soit à noyau ou à pépins, puis il élargit son champ, évinçant le malum qui désignait plus précisément la pomme. Le latin médiéval confirme cet ancrage : le pomarius est l’arbre qui porte la pomme.

La traduction latine du Cantique des Cantiques, dans la Bible encore, peut donc être transcrite ainsi en français : « Tel un pommier parmi les arbres du bois/ Tel mon bien aimé parmi les fils/ A son ombre j’ai désiré m’asseoir/ Et son fruit est doux à mon palais. »

La pomme revient sans cesse dans l’Ecriture puis dans la littérature pour nous rappeler que nous avons perdu le jardin d’Eden. La peinture n’a jamais cessé non plus de la montrer du doigt, d’autant qu’elle pose la question de la lumière et celle du volume. Un tableau de Magritte représente une pomme qui occupe tout l’espace d’une pièce; il est intitulé « Chambre d’écoute ». Il est temps d’écouter la pomme.

Justement, la période pascale est pour le christianisme le temps de la récapitulation de toute la création et du rassemblement de toute la tradition.  C’est le moment où jamais de célébrer la pomme.

Un signe de l’intérêt que lui portent les chrétiens d’aujourd’hui. On se souvient peut-être que Pâques est précédée par un période de jeûne et d’entrainement qu’on appelle le Carême. Les établissements d’enseignement catholique recommandaient souvent à leurs élèves de s’y contenter le vendredi d’un bol de riz et d’envoyer le montant de l’économie réalisée à une association caritative. Eh bien, de nos jours, le bol de riz est de plus en plus  remplacé par un menu pain-pomme ! On va dire que c’est un choix diététique : la pomme est l’aliment minceur par excellence. C’est d’abord un recentrage doctrinal. Bouvard et Pécuchet ne disaient-ils pas que le christianisme a pour base une pomme ?

Les croqueurs de pommes : Association des amateurs bénévoles pour la sauvegarde des variétés fruitières régionales en voie de disparition.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.