Certificat d'études primaires en 1901
Certificat d'études primaires en 1901 © cc / JPS68

Albert Bayet , grand militant laïque célébrant l’anniversaire des lois Ferry de 1881-1882, évoque un « blanc manteau d’écoles couvrant le pays », exactement comme les chroniqueurs du Moyen Âge décrivaient le blanc manteau des églises françaises du XIème siècle. Écoles et sanctuaires : gémellité et rivalité, l'encre remplace l’encens, la faute d’orthographe le péché… Il y aurait beaucoup à dire sur les ressorts secrets de la laïcité

Mais les lois Ferry , c’est d’abord la généralisation de la gratuité et de l’obligation scolaires . On estime qu’en 1880, le quart, peut-être, des classes d’âge scolarisables échappent à la classe. Où en est-on au bout de vingt ans d’effort ? Dans le département de la Seine, la proportion est encore de 10% environ. Les milieux populaires ont été plus difficiles à apprivoiser qu’on ne veut le croire.

École, New York, 1886
École, New York, 1886 © Bettmann/CORBIS

Les lois Ferry, enfin, est-ce l’égalité des chances ? Non, à l’évidence. Pour parler le langage d’aujourd’hui, elles n’ont pas pour fonction d’être un ascenseur social mais une spirale vertueuse. Pour l’accès aux fonctions supérieures, il y a le lycée dont les effectifs n’augmentent pratiquement pas. A l’école communale, assis sur les bancs, l’enfant du peuple apprend le contrôle de soi; debout, il chante la Marseillaise dont l’enseignement est obligatoire dès 1887. L’objectif, c’est d’abord qu’il soit un citoyen exact - à une place qu’il occupe avec justesse.

« Ah, cette si belle école, nous l’avons tant aimée… » Reste à la mieux connaître.

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