Les députés de la Constituante qui discutent en novembre 1789 de la division du territoire ont été élus dans le cadre du découpage de proximité du vieux royaume : bailliages, sénéchaussées voire prévôtés. On sait que, ni à la base ni aux niveaux plus élevés, l’Ancien Régime n’est parvenu : l’harmonisation. Les gouverneurs ont perdu de leur ressort, sans disparaître. Les intendants, qui ont eu le vent en poupe, n’ont pu faire oublier partout les vieilles provinces : dans celles dites d’Etat, comme la Bretagne, les antiques assemblées requinquées n’ont cessé de faire entendre leur voix contre la politique de Louis XV puis de Louis XVI.

Au Comité de constitution de 1789, une tentation, forte est donc d’appliquer un cartésianisme un peu mécanique à ce pays multiple : 80 départements bien carrés et administrés pareillement devraient parvenir à faire de cette société rétive une société enfin une.

Mirabeau, en vain, va défendre une idée plus géographique. Il faudrait tout de même, dit-il, tenir compte de ce que fut l’action des hommes dans leur espace. La préoccupation de Mirabeau est moins administrative que politique : il faut des départements plus divers et des communes plus en revanche, des communes plus grandes : la coïncidence des représentés et des représentants serait mieux assurée.

Comme souvent, Mirabeau est battu. Il y aura 81 départements. Les paroisses, quelle que soit leur taille, deviendront communes. Une structure ancienne sera donc maintenue, en dépit des séductions de l’esprit géomètre.

Quant à l’échelon régional, très ancien puisqu’on peut le faire remonter à l’époque romaine, il survivra sous forme de souvenir ou comme un horizon. Il ne sera réveillé qu’au XXème siècle.

Carte de France divisée suivant le plan proposé à l’Assemblée nationale 29 septembre 1789 par L. Hennequin
Carte de France divisée suivant le plan proposé à l’Assemblée nationale 29 septembre 1789 par L. Hennequin © domaine public / Centre historique des Archives nationales

Du 3 au 11 novembre 1789, premier débat sur la division du territoire. Il s'agit d'organiser le royaume de France en départements de taille homogène, tous soumis à la même administration, pour remplacer les divisions héritées de l'Ancien régime. Mirabeau propose 120 départements et Thouret 80 départements dont on puisse rejoindre le chef-lieu en moins d'un jour.Mirabeau défend une division préservant les spécificités locales ; Thouret parle centralisation et uniformisation du territoire.

Direction artistique Michel Favory. Avec Alain Lenglet, Jérôme Pouly, Gilles David et Benjamin Lavernhe.

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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