Homère est la quintessence de l’aède. Ou, si on veut : une cohorte d’aèdes, mieux : des générations d’aèdes qui disposent d’un stock de vers et, par leur chant, ressuscitent la tradition chaque fois qu’ils interviennent. Homère est leur nom collectif.

Homère par Jean-Baptiste Auguste Leloir (1892)
Homère par Jean-Baptiste Auguste Leloir (1892) © Getty / Heritage Images

Série "Homère"

Les lecteurs d’aujourd’hui, quand ils entrent dans l’Iliade ou l’Odyssée, ont le sentiment d’entrer dans un texte qui est un. Les spécialistes en sont venus à dater les deux grands Poèmes du VIIIème siècle avant notre ère. Or, nous disposons d’un texte qui date d’une époque à peine postérieure, le VIème siècle, qui décrit déjà une récitation officielle d’Homère dans un grand festival religieux. C’est la première mention explicite. Puis, dans les époques qui suivent, les Vies d’Homère se succèdent. Les Anciens ne doutent pas comme nous de son existence.

Homère serait né en Asie mineure ou dans une des îles qui la bordent. Les habitants de Smyrne disent qu’issu d’un fleuve et d’une nymphe du lieu, il fut d’abord appelé Mélèsigénès. Les habitants de Chios veulent fournir une preuve de qu’il est des leurs en disant que dans leur ville subsistent des personnes de sa famille qu’on appelle les Homérides.

Tous s’accordent en revanche sur le lieu de sa mort, Ios, dans les Cyclades, où il fut humilié par des gamins qui lui posèrent des énigmes qu’il ne sut pas résoudre. Une mort un peu ridicule qui clôt une vie d’errance, d’incertitude : ce qui est constant dans les récits, c’est en effet le contraste entre la gloire du personnage qu’Homère est devenu et la médiocrité qu’il a vécue.

Homère est la quintessence de l’aède. Ou, si on veut : une cohorte d’aèdes, mieux : des générations d’aèdes qui disposent d’un stock de vers et, par leur chant, ressuscitent la tradition chaque fois qu’ils interviennent. Si on veut faire une comparaison, pensons aux grands bluesmen. Leur public, très averti, attend et sait repérer de suite les reprises, les changements qu’ils opèrent, les intertextes qu’ils glissent dans le texte.

Homère est leur nom collectif. Et s’il faut le définir, puisqu’il n’est pas l’auteur au sens que l’on donne aujourd’hui au mot, on peut dire qu’il est une même énergie partagée par beaucoup.

Bibliographie

Tout Homère (sous la direction de Hélène Monsacré) Albin Michel - Les Belles Lettres 

Pierre Judet de la Combe Homère Folio - Gallimard

Hélène Monsacré Les Larmes d'Achille, Héros, femme et souffrance chez Homère Editions du Félin

Alexandre Farnoux Homère, le prince des poètes Gallimard

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