Cathédrale de l’Archange-Saint-Michel à Moscou
Cathédrale de l’Archange-Saint-Michel à Moscou © Cherie A. Thurlby / Cherie A. Thurlby

Le vénérable Alexis II, prédécesseur de l'actuel patriarche, avait certes dit que la coopération de l'Eglise et de l'Etat ne constituait pas un mariage. En tout cas, avec la hiérarchie ecclésiastique actuellement en place à Moscou, il n'y a pas de risque de divorce. Dans le scrutin présidentiel verrouillé du 4 mars, Poutine n'a pas à compter l'Eglise parmi ses opposants; davantage, il la considère comme son alliée dans sa lutte contre toute évolution trop libérale ou trop occidentale du pays. En apparence, tout se passe comme si la Russie, revenue de son voyage au bout de l'athéisme, retrouvait son assiette traditionnelle : le trône et l'autel.

En apparence seulement. D'une part, la pratique et l'instruction religieuses ne retrouveront pas le niveau d'avant la Révolution. D'autre part, avant la Révolution, sauf exception, le tsar ne se posait pas en guide religieux non plus que le patriarche ne prétendait à la conduite de l'état: c’était tout le pays qui se concevait comme une société de chrétienté, ce n'est certes plus ainsi que la Russie peut être unie.

Ce qui demeure en revanche et se renouvelle en profondeur, c'est le courant "spirituel", souvent radical. Il a surgi tout de suite, dès la naissance de la chrétienté russe. Il a fait éclore au long de l'histoire mille fleurs de sainteté que les Russes respirent d'âge en âge: moines, pères spirituels, pèlerins miraculeux et autres fols en Christ... Il existe peut-être 700 monastères maintenant à travers le pays. Le clergé visible peut, comme à l'accoutumée, bénir le pouvoir; la direction spirituelle de l'Eglise passe, comme à l'accoutumée, par les monastères et la parole la plus influente par le silence.

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