Plus d’une fois, la République a été sauvée par la maladresse de ses adversaires...

Paul Déroulède
Paul Déroulède © Visactu / Photo 12

On se souvient des fastes de l’année 1900 mais les deux années qui les ont précédés ont été à bien des égards funestes pour la République. L’affaire Dreyfus est à son paroxysme : en 1898, des centaines d’incidents visent les juifs dans tout le pays.

Paul Déroulède n’est pas à classer parmi les antisémites. Néanmoins la Ligue des patriotes qu’il anime n’est pas, comme son nom l’indique, un parti qui cherche l’accommodement. Et son vocabulaire est clairement nationaliste : chaque opportunité doit être saisie qui permettrait de prendre sa revanche, à l’extérieur contre l’ennemi, à l’intérieur contre le système.

Or, en février 1899, le président de la République Felix Faure disparaît inopinément. Le public ne connaît pas encore en détail les circonstances de cette mort qui s’est produite dans le salon bleu de l’Elysée, plus précisément dans les bras de sa maitresse. Emile Loubet est élu pour le remplacer par les Chambres réunies. C’est un bourgeois de Montélimar plein d’entrain dont Clémenceau disait qu’au moins il n’utiliserait pas la trompette chaque fois qu’il éternuerait. Mais il est présenté par les milieux antiparlementaires comme un ancien ministre de l’Intérieur qui aurait couvert les prévaricateurs, les chéquards du canal de Panama. Un scandale encore tout proche et qui, soit dit en passant, pèse plus lourd, en argent sonnant et trébuchant, que les emplois fictifs d’aujourd’hui.

« L’air est pur, la route est large, le clairon sonne la charge… » C’est le début du texte alors célébrissime, de Déroulède. Pendant que le nouveau président Loubet conduit les obsèques de l’ancien, Déroulède et ses patriotes se rendent caserne de Reuilly, ils veulent entraîner le général Roget et ses troupes. Direction l’Elysée.

Plus d’une fois, la République a été sauvée par la maladresse de ses adversaires. La tentative improvisée de Déroulède tourne court. Il comparaît devant la cour d’Assises le 28 mai 1899.

Voici ce débat, restitué au Théâtre du Vieux Colombier, avec les auditeurs de France Inter et les Comédiens-français : dans l’ordre Michel Favory, Bruno Raffaelli et Pierre-Louis Calixte.

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