Ce n'est pas seulement parce qu'il sait que ses jours sont comptés que Georges Pompidou ne prononce pas le mot bonheur dans ses vœux de 1973. Les présidents de la République de ces temps reculés jugent que la poursuite du bonheur relève des choix de chacun; quant à eux, ils ont pour les Français d'autres projets.

Bain de soleil au Champs de Mars à Paris en 2012
Bain de soleil au Champs de Mars à Paris en 2012 © cc / Guillaume Speur

C'est Valéry Giscard d'Estaing qui commence à insister sur l'épanouissement personnel : c'est la nouvelle religion en vogue. Mais, comme pour toute religion, les croyants sont moins nombreux que les pratiquants. A peine l'appel à être heureux puis à changer la vie est-il prononcé que l'indice de bonheur déclaré diminue : dès le milieu des années 1970, les Français, sauf sursauts brefs, s'enfoncent peu à peu dans le mal-être subjectif.

Il faudrait dire plus précisément qu'ils s'y retrouvent de nouveau. A y regarder de près, l'indice n'est sorti du rouge qu'entre... 1962 et 1975. Dans les supposées Trente Glorieuses, il n'y en a eu que Treize heureuses. Pire : les chiffres français sont rarement superposables à ceux qu'enregistrent les pays comparables. Ils sont généralement au-dessous.

A la question : "C'est quand le bonheur ?" , il y aurait une réponse française : "Rarement".

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