En 2003, Lula avait appelé au ministère de la Culture Gilberto Gil, un artiste qui n’appartenait pas à son parti mais qui était universellement connu et qui incarnait un Brésil-monde. Ce Brésil dont la bouche absorbe toutes les cultures et dont la voix, en conséquence, porte partout.

Gilberto Gil, ministre de la culture du Brésil en janvier 2003
Gilberto Gil, ministre de la culture du Brésil en janvier 2003 © Getty / Paulo Fridman

Le président qui a été investi hier à Brasilia se réclame de la dictature militaire jusque dans ses aspects les plus violents et son vice-président, un général qui a été un des artisans de cette dictature, a prêté sur la Bible un serment tonitruant genre commando de marine.

A cette même place, en 2003, se tenait Lula. Le zèle du juge qui l’a expédié en prison pour des faits de corruption a été récompensé par Bolsonaro d’un portefeuille de ministre. Etrange retournement de balancier mais provoqué par un vote qui a été démocratique et sans appel, même s’il relève sans doute davantage de la protestation que de l’adhésion.

Sur le plan international, Bolsonaro entend sceller un pacte avec Trump et s’il peut se constituer une base parlementaire suffisante, se dresser frontalement contre la Chine, transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem au risque de s’attirer les foudres des pays arabes… En revanche, l’Afrique que Lula parcourait en tous sens ne compte pas pour lui.

En fait, comme Trump, Bolsonaro ne pense qu’en termes d’artillerie. Au risque de liquider ce qui fait aussi la force du Brésil comme des Etats-Unis et qui s’appelle : soft power.

Lula savait son importance. C’est pour cela que dès son avènement, il avait appelé au ministère de la Culture Gilberto Gil, un artiste qui n’appartenait pas à son parti mais qui était universellement connu et qui incarnait un Brésil-monde. Ce Brésil dont la bouche absorbe toutes les cultures et dont la voix, en conséquence, porte partout, ce Brésil qui ne peut que se définir que poétiquement, ce Brésil qui, en somme, pense grand, ne va pas se laisser rayer de la carte par un coup de clairon.

Nous allons le nommer : le Brésil de Gilberto Gil. Gilberto Gil qui, à 77 ans, a l’avenir devant lui.

Programmation musicale :

Caetano Veloso "Tropicalia"

Chico Buarque et Gilberto Gil "Cálice"

Os Mutantes "Domingo No Parque"

Les invités
Les références
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.