Rediffusion du 14/05/2013

La Révolution, disait-il, c'est une victoire de la volonté. Et la défaite des illusions. Ceux qui croyaient qu'elle pourrait rimer avec modération ont vite déchanté. Quant à la démocratie qui, à travers mille drames et difficultés, finira par en naître, elle est condamnée à décevoir tant est grand l'écart entre les promesses qu'elle fait et les accomplissements qu'elle n'offre pas.

François Furet
François Furet © cc

Furet imaginait de prolonger son histoire mélancolique de la Révolution par un Napoléon au moment où la mort l'a fauché prématurément en 1997. Il venait d'être élu à l'Académie française, il n'aura pas eu le temps d'y être reçu...

Il laisse de la période mieux qu'une histoire sociale : il ne voulait pas seulement décrire des forces anonymes qui n'auraient pas su ce qu'elles faisaient. Mieux qu'une histoire des idées : cela aurait été trop abstrait, pas assez incarné. Il s'est voulu historien... conceptuel. Une fois posés les faits, il élabore des hypothèses d'interprétation. Presque un philosophe, en somme.

Et, comme les écrivains du XVIIIe et du XIXe qu’il fréquentait intimement, souvent avec tendresse, il a été aussi un styliste éclatant. Le grand sujet de la Révolution vaut un grand récit. Avec des phrases qui claquent. Sans un mot de trop.

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