En 1968, seulement toléré par les autorités maritimes, le Golden Globe apparaît alors à certains comme une tentative de meurtre avec préméditation.

Robin Knox-Johnston à bord de "Suhaili" au large de Falmouth à l'arrivée de la Golden Globe Race - 23 avril1969
Robin Knox-Johnston à bord de "Suhaili" au large de Falmouth à l'arrivée de la Golden Globe Race - 23 avril1969 © Getty / Popperfoto

Entre l’été 1968 – l’occupation de Prague- et le printemps 1969 –le départ du général de Gaulle, bien des évènements attiraient l’attention. En outre, les amateurs de nautisme, moins nombreux qu’aujourd’hui, étaient aussi moins informés et, en France du moins, ils fixaient par priorité leur attention sur Eric Tabarly. Mais Francis Chichester avait suscité également l’admiration après être rentré d’un tour du monde en solitaire de 226 jours. Quelques admirateurs du geste décidèrent de faire mieux encore, en supprimant l’escale qu’il s’était permise à Sydney. Le Sunday Times imagina de les rassembler sous son égide. Ce serait le premier Golden Globe.

L’évènement que crée l’hebdomadaire n’en est pas vraiment un. Il n’y a ni engagement ni règlement vraiment formalisés. Chacun des neuf fous navigants qui amène sa drôle de machine sur la ligne de départ peut élire le port de son choix, du moment qu’il est situé au-delà de 40° de latitude Nord ; il peut choisir pareillement la date à laquelle il s’élance, du moment qu’elle se tienne entre le 1er juin 68 et le 31 octobre. Seulement toléré par les autorités maritimes, le Golden Globe apparaît alors à certains comme une tentative de meurtre avec préméditation. D’autant que tel ou tel des concurrents – il faudrait dire plutôt : des partenaires d’expédition – sont de vrais débutants. On en a vu un qui s’était extrait du port avec une apparente dignité mais une réelle difficulté sortir ensuite des photos de sa cambuse pour voir comment il fallait disposer les voiles dans les circonstances un peu compliquées.

Notre témoin, Olivier Le Carrer est maintenant un navigateur autrement mieux formé. A l’époque, il avait treize ans. Il a suivi avec passion cette première. Ce qui demandait déjà des qualités de ténacité parce qu’à l’époque on ne voyait pas les vidéos des solitaires s’afficher sur nos écrans d’ordinateur. Et sans refaire certes la totalité des parcours par les trois caps, Bonne Espérance, Leeuwin et Horn, il a pris plaisir à flâner dans les pubs des ports de départ. Et à retrouver les positions des uns et des autres qu’il avait eu tant de mal, adolescent, à identifier sur son planisphère.

Programmation musicale : "Cucurrucucu paloma" par Caetano Veloso (2000)

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