La guerre était attendue depuis si longtemps que, dans beaucoup de ses aspects, elle semblait préparée avec soin. Ainsi la question des évacués avait-elle été traitée soigneusement par les bureaux.

Réfugiés sur une route de France en juin 1940
Réfugiés sur une route de France en juin 1940 © Getty / Carl Mydans

Evacuation des Alsaciens et des Lorrains : la majeure partie de la population de Strasbourg et de Metz a été éloignée dès septembre 39 dans des départements moins exposés. L'évacuation des Luxembourgeois et des Belges avait été de même programmée si leurs pays était envahi - une éventualité qui, elle aussi, avait été programmée.

Mais, après l'attaque foudroyante des Allemands le 10 mai, on se retrouva non plus face à une évacuation qu'on pouvait gérer mais face à un exode qui se développait comme une épidémie et provoquait la panique. Les Luxembourgeois et les Belges passaient en masse la frontière, plus nombreux qu'en 14 et dès que les nouvelles venues des armées alliées devenaient alarmantes, c'étaient les villes et les villages français qui se vidaient à leur tour.

Plus tard, le régime de Vichy mit en cause la responsabilité des autorités locales - préfets, sous-préfets et surtout maires qui auraient donné des ordres d'évacuation trop rapides. Mais il faut aussi faire la part des rumeurs - on manquait d'informations fiables - et de mémoire -le Nord Pas de Calais se souvenait des exactions allemandes de la Première Guerre.

Ce qui est certain, c'est que l'exode gêna les mouvements des troupes qui, dans la difficile gestion de leur retraite, se seraient bien passées de trouver tant de civils sur les routes encombrées. L'enchevêtrement de l'exode civil  et de la débâcle militaire fut encore plus grand quand les Allemands prirent en tenaille Paris; en juin, peut-être 8 millions de personnes avançaient au pas sur les axes principaux dans un peu toutes les directions sous la menace des bombardements.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, zone interdite ou en Alsace-Moselle annexées, le retour fut particulièrement difficile. Il le fut aussi en zone occupée pour les juifs et les étrangers indésirables. Néanmoins Vichy qui avait pourtant désigné les "exodiens" comme des fuyards fit de sa politique du retour un motif de sa légitimité.

Bibliographie :

  • Les Français de l'an 40 de Jean-Louis Cremieux-Brilhac (Gallimard).
  • L'exode. Un drame oublié de Eric Alary  (Perrin-Tempus).
  • Les gros sous de Yves Gibeau (Livre de poche).
  • Suite française de Irene Nemirovski (A vue d'oeil).
  • Le garçon aux yeux gris de Gilles Perrault (Fayard).
  • Les Français au quotidien 1939-1949 de Gilles Gauvin et Bénédicte Vergez-Chaignon (Perrin-Tempus).

Chanson Honte à qui peut chanter de Brassens.

Exposition Comme en 40, du 17 septembre 2020 au 10 janvier 2021 au Musée de l'Armée à Paris. Cette exposition a pour ambition de mettre en lumière l’ensemble de la situation française, tant des points de vue militaires, politique, stratégique, économique, qu’idéologique, sociaux et culturels. Elle sera divisée en deux grandes parties, la France en guerre, ainsi que la défaite française et la poursuite des combats par la France libre et la résistance.

Exposition Les parisiens dans l'exode de 1940, jusqu'au 13 décembre 2020 au Musée de la libération de Paris. Du début du mois de mai à la mi-juin 1940, les populations traversent un moment historique bouleversant : la fuite sur les routes de huit millions de personnes pour échapper à l’avance des armées allemandes.

Les invités
  • Eric AlaryHistorien, professeur de Chaire supérieure à Tours
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