Le monument aux morts de Strasbourg drapé de noir suite au procès d'Oradour - 15/02/1953
Le monument aux morts de Strasbourg drapé de noir suite au procès d'Oradour - 15/02/1953 © MaxPPP

C’est neuf ans après les faits qu’enfin, le massacre d’Oradour donne lieu à un procès. Une loi ad hoc a été votée en septembre 1948 qui a introduit la responsabilité collective pour tous ceux qui ont participé à des crimes de guerre. Or le bourg limousin est devenu l’archétype du massacre. Le premier pèlerinage de piété y a été organisé dès juin 44 par les autorités – impuissantes - de Vichy et toutes les tendances de l’opinion, des anciens pétainistes aux communistes se retrouvent dans le culte du village martyr.

Mais en Alsace, l’opinion est électrisée par la présence sur les bancs des accusés de douze enfants du pays, qu’elle n’entend pas voir traités comme les inculpés allemands. Il s’agit, en effet, d’incorporés de force jetés, tout jeunes parfois, dans le laminoir de la Waffen SS. Au plus fort de l’annexion, après l’été 42, 130 000 jeunes hommes ont été incorporés de force, 90 000 se sont retrouvés prisonniers des Alliés, des Soviétiques particulièrement. Ils n’ont pu rentrer de captivité que lentement. En 1953, on en recherche encore beaucoup. Au nom de ce traumatisme, élus et notables d’Alsace exigent que les cas des accusés alsaciens soient disjoints de ceux des allemands.

Dans un tel climat, et alors que seront absents du procès les chefs allemands premiers responsables, la justice - un tribunal militaire, de surcroît - pouvait difficilement purger le passé, elle risquait au contraire d’échauffer les passions contraires.

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