Le naufrage par Claude Joseph Vernet - 1772
Le naufrage par Claude Joseph Vernet - 1772 © domaine public / National Gallery of Art

Si c’est à bord que vous mourez, ce sera généralement sans le secours d’un ministre de votre religion, le capitaine prononcera peut-être quelques mots et hop, ce sera l’immersion sans plus de cérémonie. Et si, pire, vous vous noyez, ce sera encore moins une bonne mort. On comprend que certains villages des côtes de la Manche aient pris l’habitude, la nuit du 1er au 2 novembre, de creuser des tombes fraîches pour donner le repos à ces victimes du mauvais sort.

Présentement, sur les côtes méditerranéennes de l’Union européenne, arrivent, en clandestins - et innombrables, des hommes, des femmes, des enfants. Les « hot spots » que veulent mettre en place les autorités de l’Union procéderont par priorité à leur identification : photographie, prise d’empreintes etc... Mais surviennent aussi des morts – ceux qui n’ont pas coulé par le fond. La moitié des migrants rejetés par la Méditerranée depuis 1990 n’ont pu être nommés. Le maire de Palerme que le sujet requiert depuis des mois et des mois, observe que leur identification importe aussi. Il dit même que c’est un dû. Et il veille à faire poser une fleur sur chaque dépouille, à organiser une cérémonie inter-religieuse et à offrir à chacun une sépulture digne.

Comment prouver sinon que ces hommes, ces femmes, ces enfants ont vécu ?

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