Il y a cinquante ans précisément, en réalisant "La prise du pouvoir par Louis XIV", Roberto Rossellini proposait sa vision ethnologique et politique de l'avènement du Roi Soleil

La mort du roi le 1er septembre 1715
La mort du roi le 1er septembre 1715 © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

Immobile dans son lit, dévoré par la douleur, avalé par les draps et les oreillers, Jean-Pierre Léaud confie son sceptre à son arrière-petit-fils, encore enfant. Dans le film d’Alberto Serra qui sort sur les écrans, il est le Roi-soleil en ses derniers jours, qui tente de fixer la mort en face pendant que ses courtisans considèrent chaque étape de son agonie comme ils ont scruté chaque épisode de sa vie.

Fin d’un monde qui avait duré plus d’un demi-siècle. Il y a cinquante ans précisément, en 1966, Roberto Rossellini proposait sa vision de son émergence en réalisant La prise du pouvoir par Louis XIV. Ce n’était aucunement un film psychologique. Jean-Marie Patte, qui avait l’âge qu’aura toujours Antoine Doinel, disait d'une voix blanche, en les lisant plus qu’en les interprétant, les mots qui avaient été réellement prononcés à la Cour en 1661. C’était un film politique. Un film ethnologique aussi : le spectateur vivait le pouvoir au quotidien.

Offrons-nous l’occasion de retrouver ce chef-d’œuvre. Tournée rapidement, sans manières, c’était une réalisation de télévision. La télévision d’il y a un demi-siècle dont Rossellini imaginait qu'elle pourrait faire reculer l’ignorance. Son ambition, pensait-il, devait allier le plaisir du divertissement à la rigueur du document.

On n’était encore qu’au début de son règne. Avant le temps de son despotisme.

Un extrait de La prise de pouvoir par Louis XIV de Roberto Rossellini sur le site de l'INA

La mort de Louis XIVd'Albert Serra, la bande-annonce

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