En 1915, sur le front, lorsqu'Apollinaire fabriquait des bagues pour la bien-aimée du moment, il disait de l'aluminium qu'il limait, qu’il était "pâle comme l'absence et tendre comme le souvenir" . L'image est de circonstance car il reste bien peu, en effet, de notre aluminium !

Laminage de l'aluminium à chaud dans une usine française - Début des années 50
Laminage de l'aluminium à chaud dans une usine française - Début des années 50 © NARA

Il n'y a pas que les mines de bauxite et les usines mal adaptées aux nouveaux temps qui ont fermé : l'explication par les nécessités de la concurrence internationale pourrait être évoquée, comme ailleurs. Mais le nom même du champion national, Pechiney, s'est effacé des mémoires. C'était un grand groupe mondial dans les années 70, plus fragile qu'il n'y paraissait, mais avec 100.000 employés. 100.000 employés dont les 3/4 en France ! A l'issue de la nationalisation des années 1980, qui a abouti à la fermeture de beaucoup de sites dans le pays mais recentré le groupe sur sa spécialité, Pechiney est encore viable. Aujourd'hui, il a disparu, sans que les medias si attentifs à l'acier ne publient de faire-part de décès, et c'est à grand'peine que l'avant-dernière usine française vient d'être sauvée à Saint-Jean-de-Maurienne, rachetée par un groupe familial allemand.

La France a largement inventé les procédés de fabrication de l'aluminium par électrolyse à la fin du XIXème siècle. A la fin du XXème, elle a mis au point sa disparition par évaporation.

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Institut pour l'Histoire de l'aluminium Créé en France en 1986, l’Institut pour l’histoire de l’aluminium (IHA) met son savoir-faire et ses collections au service de l’histoire de l’aluminium et de la préservation de son patrimoine.

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