Une série sur les enfants de France venus d’ailleurs est présentée sur France 2. Elle est intitulée Histoires d‘une nation. Histoires au pluriel. Cette série, quand elle aborde le contemporain, privilégie souvent des personnalités qui, issues de l’immigration comme on dit, sont souvent déjà connues.

Une famille algérienne à la douane de l'aéroport de Marseille en 1982
Une famille algérienne à la douane de l'aéroport de Marseille en 1982 © Getty / Alain MINGAM

Une série sur les enfants de France venus d’ailleurs est présentée sur France 2. Elle est intitulée Histoires d‘une nation. Histoires au pluriel.

Cette série, quand elle aborde le contemporain, privilégie souvent des personnalités qui, issues de l’immigration comme on dit, sont souvent déjà connues. L’enquête que nous allons présenter en contrepoint est une Histoire par le bas. Le sociologue Stéphane Beaud l’a menée pendant cinq ans dans une famille dont les parents, venus d’Algérie en France dans les années 1970 ont élevé huit enfants ici. Des « iciyens » dirait Jamel Debbouze.

Enquête respectueuse dans une famille éminemment respectable. Ses membres n’aimeraient guère être qualifiés d’ « intégrés ». Néanmoins, l’enquête montre toutes les forces d’intégration à l’œuvre dans la première partie de leur parcours. Elles ont très bien fonctionné pour les deux sœurs aînées, personnalités il est vrai très énergiques et qui ont mis la barre très haut pour les enfants suivants. Les garçons ont eu un parcours scolaire plus heurté. Dimorphisme sexuel classique, disent les sociologues. En tout cas, les garçons eux-mêmes ont fini par décrocher un emploi et ont peu ou prou accompli  leurs rêves qui étaient somme toute assez simples : c’étaient ceux des classes populaires stables.

Entre l’aîné et la cadette de la famille, il y a seize ans. On va voir qu’aux moments décisifs pour les plus jeunes et plus encore pour les enfants des uns et des autres, quelque chose s’est déréglé. Les forces d’intégration sont comme désarmées. A l’école, dans la cité, au travail. La famille ressent  une solitude sociale. La bienveillance dont elle a pu se sentir entourée s’est érodée. La mère s’est vue refuser sa naturalisation alors que le parcours de ses huit enfants témoignait suffisamment pour elle. La succession des attentats affole la boussole des uns et des autres. Les usages que fait de l’Islam chacun des dix membres fondateurs de la famille diffèrent, cruellement. Cependant, ils demeurent unis comme les dix doigts des mains.  Leur solidarité rapprochée leur est plus nécessaire que jamais.

Documentaire "Histoires d'une nation. 1870-1927 : Le pays où l'on arrive" de Yann Coquard, diffusé ce soir à 21h sur France 2. Raconté par Roschdy Zem. 4 X 52mn.

Programmation musicale : Ya Rayah de Rachid Taha.

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