Gardes Rouges sur un manuel scolaire chinois de 1971
Gardes Rouges sur un manuel scolaire chinois de 1971 © domaine public

Simon Leys n’a pas visité la Chine en voyage organisé. Tant qu’il a pu, il l’a habitée. Malraux disait que, pour l’occidental, elle était l’autre grand pôle de l’expérience humaine : Simon Leys la regardait en effet comme un homme regarde une femme : c’était une affaire d’attirance.

Simon Leys, c’est un pseudonyme. Il l’avait choisi alors qu’en poste à l’ambassade de Belgique à Pékin, il voulait publierLes habits neufs du président Mao , un livre incisif qui, le premier à l’époque à déboulonner la statue du Grand Timonier.

Eh oui, Simon Leys s’appelait Pierre Ryckmans et il était belge. C’est un avantage d’être belge, disait-il, on est de suite conscient de son insignifiance et on est bien donc bien plus attentif aux autres pays que les Français.

Simon Leys ne vivait ni en France ni en Belgique mais en Australie avec son épouse chinoise. Canberra, c’était un bel endroit pour observer avec distance l’attraction qu’exerce la Chine.

Après les intellectuels maoïstes, voilà maintenant nos dirigeants politiques et économiques réalistes qui nous vantent les vertus du pouvoir communiste chinois. Les enfumeurs se disputent toujours le privilège d’obscurcir nos esprits, disait Simon Leys, qui s’est toujours fait une joie de les provoquer en duel, les uns après les autres. Chacun de ses essais sur la Chine est une victoire sur eux. Et brillante, tant son style était réjouissant.

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