La méthode Freinet c’est d’abord cela : la coopération, entre élèves, entre classes, entre écoles. L’autre grande idée, c’est de saisir les occasions qui passent.

De jeunes enfants étudient la plus grande mappemonde du monde à l'école en plein air à Suresnes le 23 août 1935.
De jeunes enfants étudient la plus grande mappemonde du monde à l'école en plein air à Suresnes le 23 août 1935. © Getty / Keystone-France

Célestin Freinet, qui est mort il y a cinquante ans, en octobre 1966, avait l’habitude de dire que sa vie était sans importance. En même temps, ses démêlés avec l’Éducation nationale et sa fondation, en 1935, d’une première école libre fondée sur sa méthode, sont devenus légendaires. Auparavant son expérience propre de la Première guerre avait eu son importance. Elle l’avait convaincu que les instituteurs devaient être des soldats de la paix. Blessé au poumon, il en était aussi revenu le souffle coupé. Parler l’épuisait vite, aussi se plaçait-il dans sa classe au beau milieu, invitant les élèves à se tourner les uns vers les autres. La méthode Freinet c’est d’abord cela : la coopération, entre élèves, entre classes, entre écoles. Au temps de Freinet entre les Alpes-Maritimes où il exerçait, la Creuse ou le Finistère. Aujourd’hui, entre pays du vaste monde. L’autre grande idée, c’est de saisir les occasions qui passent. Un exemple tout simple : le colis que viennent d’envoyer les correspondants d’une autre classe, que contient-il, comment est-il parvenu, en combien de temps ? C’est ainsi qu’on peut faire de L’Histoire, de la géographie, du calcul, vivants.

L’interrogation prioritaire, c’est : « Quoi de neuf ? » Freinet suivait tout ce qui se produisait dans le monde intellectuel mais sans envisager d’en être. Sa pratique était pourtant la même que celle d’un grand pédagogue son contemporain, le philosophe Alain qui préparait les lycéens d’Henri IV aux plus hauts concours : procéder toujours par questions qui orientent vers une recherche du sens. Sinon, à quoi bon ? Alain aimait raconter que dans un train, il avait interrogé un voyageur qui lisait le journal : « Quelles nouvelles ? » L’autre avait répondu : « Je ne sais pas, je lis ». Freinet, comme Alain et déjà les humanistes de la Renaissance pensaient qu’enseigner, ce n’était pas saturer d’informations mais allumer le feu des questions.

FIMEM - Le site officiel de la Fédération Internationale des Mouvements de l’École Moderne - Pédagogie Freinet

Le site de Marine Baro, ancienne institutrice en méthode Freinet

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