Rediffusion du 10/06/2014

Confucius - vers 1770
Confucius - vers 1770 © domaine public

« Ce que l’on ignore, savoir qu’on l’ignore... » La philosophie occidentale a eu tendance, depuis la fin du XVIIIe siècle, à installer la Chine dans une altérité radicale : c’était le domaine de quelques spécialistes aventureux...

« Ce que l’on sait, savoir qu’on le sait… » Une silhouette, cependant, était familière à tous. C’était Confucius.

Sa première mondialisation a été le fait des missionnaires jésuites : à partir de la fin du XVIe siècle, ils entreprirent une des médiations les plus étonnantes de l’histoire, le transfert du savoir européen en Chine et vice-versa. La Chine résista à la conversion au christianisme mais Confucius y gagna une place au pinacle de la sagesse universelle, à hauteur de Bouddha, Mahomet et Jésus.

Cette première mondialisation s’était faite en latin - et en français. La seconde se fit en anglais, chez les auteurs américains. Une autoroute du savoir qui contourne le Pacifique s’est constituée depuis longtemps, reliant la Chine aux Etats-Unis où les enfants des classes dirigeantes chinoises sont très nombreux à faire leurs études.

Mais aujourd’hui, troisième mondialisation, la Chine assure elle-même la représentation qu’elle veut donner d’elle-même. Pékin attribue aux innombrables instituts de culture ou de business qu’elle ouvre dans le monde le nom de Confucius qui permet de renvoyer au monde une image d’harmonie, utile pour dissimuler d’autres aspects de sa politique. Aux JO de 2008, le spectacle d’ouverture déployait des aphorismes bien tranquilles issus des « Entretiens » de Confucius : c’étaient des soldats de l’Armée populaire de libération qui les présentaient mais habillés en lettrés confucéens.

Le temple de Confucius à Pékin
Le temple de Confucius à Pékin ©

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Biographie d'Anne Cheng, professeur au Collège de France

Numéro hors-série du Point consacré à Confucius

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