Mardi 20 octobre 2015 : « Révolution : les femmes citoyennes… sans citoyenneté » avec Dominique Godineau

Club des femmes patriotes - Tableau à la gouache de Jean-Baptiste Lesueur
Club des femmes patriotes - Tableau à la gouache de Jean-Baptiste Lesueur © Getty / De Agostini

►►► Rediffusion du mardi 20 octobre 2015 : « Révolution : les femmes citoyennes… sans citoyenneté » avec Dominique Godineau

Pendant la Révolution, le mot « citoyenneté » était peu usité. Mais le mot « citoyenne » l’était bien davantage. Et pas seulement au sens où l’avait entendu, par exemple, l’Encyclopédie de Diderot : l’épouse ou la compagne d’un citoyen.

Dès 1789 et des années durant, bien au-delà du 9 thermidor, les femmes des milieux populaires urbains tinrent un rôle de premier plan dans les évènements. Cependant, en 1793, le droit de vote ne leur fut pas accordé et, peu à peu, leur rôle fut contenu au point qu’en l’an III, en 1795 elles furent même interdites de tribunes à la Convention.

De ces « tricoteuses » infatigables et finalement vaincues, le XIXème a fait un portrait abominable. Il a aussi insisté sur une autre défaite, celle des femmes de la plus haute société. Une survivante, Madame Vigée-Lebrun, explique ainsi en 1835 : « Il est fort difficile de donner une idée des manières aimables qui faisaient il y a quarante ans le charme de la société à Paris, les femmes régnaient alors et la Révolution les a détrônées ».

La femme du peuple dépossédée de ses nouvelles conquêtes, la femme privilégiée de ses vieux acquis : ces deux figures de l’échec ont leur part de vérité. Mais le risque est toujours de construire une histoire des femmes à côté de la « grande histoire », comme si elles en étaient les éternelles victimes et non les actrices.

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