Si le romantisme consiste à retrouver le Moye-Âge, il n’y a pas meilleur romantique que Walter Scott. C’est à la date de 1819 seulement, alors qu’il approche de la cinquantaine, qu’il publie "Ivanhoé", qui lui ouvre une nouvelle carrière d’écrivain néo-gothique.

"Rebecca enlevée par le templier lors du sac du château de Frondeboeuf" (1858) par Delacroix. D'après le livre de Walter Scott, "Ivanhoé". Huile sur toile. Dim : 1,05 X 0,81m. Paris, Musee Du Louvre
"Rebecca enlevée par le templier lors du sac du château de Frondeboeuf" (1858) par Delacroix. D'après le livre de Walter Scott, "Ivanhoé". Huile sur toile. Dim : 1,05 X 0,81m. Paris, Musee Du Louvre © AFP / Photo Josse / Leemage

(rediffusion du 29/12/2017)

Si le romantisme consiste à retrouver le Moyen Age, il n’y a pas meilleur romantique que Walter Scott. Encore qu’il ne s’est nourri de cette inspiration qu’assez tardivement, son succès de traducteur, de poète, de romancier étant déjà affirmé. C’est à la date de 1819 seulement, alors qu’il approche de la cinquantaine, qu’il publie Ivanhoé, qui lui ouvre une nouvelle carrière d’écrivain néo-gothique.

Évidemment on attendait de lui l’imagination plus que la perfection 

Ses romans moyenâgeux – Quentin Durward compta aussi beaucoup- ne sont pas nécessairement marqués de la plus stricte exactitude. Après tout, un roman nourri d’histoire, c’est encore de l’histoire…

De l’histoire, il avait d’ailleurs une véritable philosophie. Il écrivait pendant l’âge d’or de l’aristocratie britannique, aussi voyait-il dans l’idéal chevaleresque la fin de la sauvagerie et le commencement de la civilisation : le féodalisme participait de la lente montée de l’humanité. Mais, moins obsédé par la prouesse que son héros Ivanhoé, il voyait l’envers comme l’endroit de l’idéal. Et posait quelques questions bien senties. Le véritable honneur est-il héréditaire, se demandait-il ? Ne se perd-il pas dans l’orgueil de caste ?

Ivanhoé est maintenant davantage connu par ses adaptations que par le texte initial

Il est bon de revenir à celui-ci. On y verra que le preux chevalier y passe la plupart de son temps, alité après un combat peut-être inutile qu’il avait entendu mener au nom de un honneur mal compris. Et on y découvrira le personnage peut-être le plus attachant, Rebecca qui ne s’intéresse pas à la gloire vaine et qui, de surcroît, est juive. Walter Scott, c’est aussi un écrivain qui, fait rare à son époque, n’exclut pas les juifs de la montée de l’humanité.

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