Marie Didier
Marie Didier © Radio France / J. Sassier - Gallimard

A Bicêtre, le docteur Pinel avait un adjoint qui était le vrai « gouverneur » des enfermés, le gardien du troupeau des menacés. C’est Marie Didier qui a ressuscité son nom. Il s’appelait Jean-Baptiste Pussin. Il se disait : « Tu auras pu être pareil à ces fous, ils auraient pu être pareils à toi. »

Bien avant de commencer ses études de médecine, Marie Didier a fait l’expérience de l’enfermement : tuberculeuse, elle était – je cite- « un dangereux sac à microbes qu’on avait isolé comme dans une prison. »

Combien de fois, ensuite, aurait-elle pu être coffrée - quand elle devançait la loi sur l’avortement ou que sa maison hospitalière recevait des gens improbables ?

Et puis Marie Didier, le médecin, à son tour devint souffrante, d’une souffrance telle, parfois, qu’elle n’était plus que son corps.

Mais ce sont les chemins du corps, justement, qui l’avaient fait venir à l’écriture. Elle a rejoint, depuis un quart de siècle, la tradition des médecins écrivains. Longue cohorte qui vient de loin, s’amenuise peut-être. L’écriture a changé leur pratique. « Si vous voulez écrire, disait l’un d’eux, Jean Reverzy, apprenez à mourir ». Il arrive aussi à leurs livres qu’ils foncent comme une ambulance à travers les rues pour sauver quelqu’un.

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