Avant d’atterrir à Cayenne qui est une île, on ne voit que des îles. D’ailleurs, à y bien réfléchir, la Guyane côtière tout entière est une île.

Pont reliant le Brésil et la Guyane sur la rivière Oyapock
Pont reliant le Brésil et la Guyane sur la rivière Oyapock © Getty / Imazone

Avant d’atterrir à Cayenne qui est une île, on ne voit que des îles.

D’ailleurs, à y bien réfléchir, la Guyane côtière tout entière est une île. Ce long ruban de terre entre l’océan et l’immense forêt participe de plusieurs univers économiques, le latino-américain mais plus encore le caribéen, voire l’européen - par son appartenance à l’UE.

Mais la Guyane intérieure, si on la prend au sens large – et alors elle outrepasse de loin la seule Guyane française - est aussi une île. Elle est circonscrite par l’Amazone et l’Orénoque, des fleuves qui manifestent une telle puissance qu’ils en paraissent merveilleux. Au centre de cet espace, on plaça longtemps l’El Dorado, le royaume d’un homme dont la peau était d’or et qui n’hésitait pas à sacrifier ses richesses en les jetant au centre d’un lac : la Guyane est aussi un trou, un creux.

Enfin, la Guyane est un socle, un bouclier d’où partent de nombreux fleuves qui divergent de ce château d’eau initial. Ces bassins fluviaux créent des enclaves de peuplement autonomes. Les fleuves n’incisant pas le socle, ils s’étalent mais soudain, un rapide, une chute leur permet de s’écouler plus bas. À ces lieux de rupture s’accrochent des hommes comme d’autres s’accrochent aux ports sur la côte. Autant d’îles supplémentaires.

S’il n’est pas inexact de dire que la Guyane est une île, il serait plus juste encore de dire que c’est un archipel dont le premier point commun est la dispersion, l’éclatement.

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