C’est bien avant Waterloo qu’il faut reconstituer l’échec de l’Empire. Bien avant le retour des Cent Jours, cette folie. Bien avant la campagne de Russie. Bien avant la proclamation de l’Empire, peut-être.

Napoléon en exil à Sainte-Hélène par Jacques Onfroy de Breville
Napoléon en exil à Sainte-Hélène par Jacques Onfroy de Breville © Getty / Stefano Bianchetti

📚 RÉVISIONS BAC - Vous êtes lycéen et vous tenez à profiter au maximum du temps libre dont vous disposez pour réviser votre bac ? Retrouvez tous les épisodes de La Marche de l'Histoire en lien avec votre programme, pour enrichir vos connaissances.

Rediffusion du 18/06/2015

Mais sait-on que c’est quasi tout de suite après l’évènement que le champ de bataille est devenu une place du commerce ? S’il est un premier livre à lire en cette période, c’est « La mort de Napoléon » de Simon Leys. Il imagine qu’en 1821, l’empereur s’est échappé de Sainte-Hélène où il s’est fait remplacer par un sosie. Il débarque clandestinement à  Anvers, gagne Bruxelles. Il voit des affiches : « Visitez la morne  plaine et à l’auberge de la Grande armée, la chambre de l’empereur. » Il s’y rend donc, en simple pékin. Et ne reconnaît rien. Et certes pas la  chambre qu’on lui attribue. Heureusement, Edmond, un grognard du dernier carré, s’offre à lui faire une visite. Tournoyant sur sa béquille, il bave, vocifère, en évoquant les morts et blessés. Napoléon a soudain le sentiment de comprendre le Waterloo qu’il n’a pas connu puisqu’il a  passé une grande partie de la bataille assis, s’endormant parfois pesamment sur sa chaise. Mais de retour à l’auberge où il n’a jamais couché, la servante lui certifie que le grognard-guide est un  simulateur. Lui-même est porteur de faux papiers au nom d’un autre. Encore quelques jours et voilà que son sosie va s’éteindre à Sainte-Hélène : le monde entier le croira mort. Qui est-il ? Nul ne le sait. A quel moment sommes-nous précisément ? Trop tard, sire.

Première lecture démystificatrice donc : le conte philosophique de Simon Leys.

Et la seconde, qui évite aussi le piège du tourisme à Waterloo. Celle de « Napoléon Bonaparte, le noir génie », de Gérard Grunberg. C’est bien avant Waterloo qu’il faut reconstituer l’échec de l’Empire. Bien avant le retour des Cent Jours, cette folie. Bien avant la campagne de Russie. Bien avant la proclamation de l’Empire, peut-être.

Bibliographie

  • Napoléon Bonaparte : Le noir génie écrit par Gérard Grunberg (CNRS)
  • La mort de Napoléon écrit par Simon Leys (Espace Nord)
  • Mémoires 1802-1808 écrit par Madame de Rémusat (Elibron Classics)
  • Napoléon et les Français écrit par Jean-Paul Bertaud (Armand Colin)
  • Vie de Napoléon écrit par François-René de Chateaubriand (Editions de Fallois)
  • L'empire de Napoléon écrit par Annie Jourdan(Flammarion)
  • Mémoires de Bourrienne écrit par Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (Elibron Classics)
  • Les Français et l'empire écrit par Natalie Petiteau (Boutique de l'Histoire)
  • Le mal napoléonien écrit par Lionel Jospin (Editions du Seuil)

Programmation musicale

"Soldat te souviens-tu ?" par Emile Debraux

Les invités
L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.