Déplacés du Soudan du Sud
Déplacés du Soudan du Sud © Reuters / Siegfried Modola

Lorsque les premiers soudanais sont arrivés clandestinement en Israël, un vif débat s’est engagé. Dans l’état hébreu, le simple emploi du mot « réfugiés » est lourd de sens. Certains allèrent même jusqu’à parler des victimes de la « Shoah soudanaise ». Il est vrai que les guerres internes que le Soudan vit depuis le milieu des années 1950 ont multiplié les crimes de masse et provoqué une immense noria de déplacements.

Mais d’autres pays d’Afrique, du Congo à la Somalie, ont connu des malheurs comparables. Si bien que l’Afrique est aujourd’hui le continent qui compte les camps de réfugiés et de déplacés les plus nombreux au monde. Des camps si importants, si durables, si intégrés aux dispositifs humanitaires mondialisés qu’ils enclenchent autour d’eux ce qu’il faut bien appeler des processus de développement.

Le développement, d’ailleurs, appelle à la migration. Les migrants ne sont pas nécessairement des réfugiés et des déplacés. Beaucoup de paysans qui ont quitté leurs villages, de jeunes qui ont leur propre projet de vie cherchent à rejoindre des pays à fort pouvoir d’attraction. L’Afrique du Sud est, à cet égard, un destination de choix même si ses habitants ne sont pas toujours bienveillants. Les grandes routes de passage de l’Afrique de l’Ouest, elles, mènent davantage vers l’Afrique du Nord qui se retrouve dans une situation paradoxale : elle voit beaucoup d’inconvénients à l’arrivée par le Sud de nouveaux entrants alors qu’elle voyait surtout des avantages au départ de ses propres enfants vers l’Union européenne.

L’Union européenne, que rien n’angoisse tant que la détresse des autres et qui négocierait bien l’installation de dispositifs filtrants sur le continent africain lui-même, comme en Turquie pour les syriens.

Crédit photo : Déplacés du Soudan du Sud © Reuters - 2015 / Siegfried Modola

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