Pochoir en faveur du végétarisme en 2008
Pochoir en faveur du végétarisme en 2008 © cc / Nicolas Dessaux

Le sujet est de taille.

Il s’agit de la liberté des hommes : manger ce que l’on veut, ça en relève, non ?

Il s’agit du droit des animaux. La majorité à l’Assemblée nationale vient de réussir à modifier la loi : aux animaux est reconnue une sensibilité. Faut-il aller plus loin ?

Il s’agit de l’éducation des enfants. La cantine scolaire est devenue une vaste chambre d’écho de nos débats. On avait déjà : faut-il y respecter les interdits religieux ? ou bien : faut-il des cuisines sur place avec des produits de proximité ? On a aussi maintenant : faut-il un jour sans viande ?

Dans ce tohu-bohu, l’histoire peut-elle faire entendre une voix ? Elle a longtemps enseigné que le régime carné avait contribué à l’hominisation, que la chasse comme l’élevage avaient favorisé la coopération de l’espèce humaine. Concernant un passé moins lointain, elle a insisté sur les attitudes différentes induites par le catholicisme et le protestantisme.

Les siècles ont aussi construit une singularité française : un certain type de repas gastronomique partagé que l’UNESCO a inscrit au patrimoine de l’humanité. Or le fait d’être omnivore facilite la commensalité. La multiplication des alimentations particulières ne risque-t-elle pas de la briser ?

Manger ce que l’on veut, quand on veut, avec qui on veut…très bien. Mais il y a aussi cette question, taraudante : mangerons-nous encore ensemble demain ?

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