Caroline Otéro, Valtesse de la Bigne, Liane de Pougy, Irma de Montigny, Clémence de Pibrac, Emilienne d'Alençon qui faisait triompher à Paris un surnom ramassé dans l'Orne, Cléo de Merode qui - c'est une exception à noter - portait son vrai nom... c'étaient les amazones, les demi-mondaines.

"Adieu, Cocottes !" - Affiche de Jules-Alexandre Grün - 1903
"Adieu, Cocottes !" - Affiche de Jules-Alexandre Grün - 1903 © domaine public

La police les fichait et les surveillait comme les filles de joie mais elles estimaient n'avoir rien à voir avec elles. D'abord elles n'étaient qu'une poignée alors que les grues ne se comptaient plus. Ensuite, elles se targuaient d'être des virtuoses de la scène... Peut-être certaines jouaient-elles mieux couchées que debout.

Mais d'ailleurs, couchaient-elles autant qu'on le répétait ? "Je m'ouvre la nuit" , disait l'une, "la fortune ne vient pas en dormant seule" , répondait l'autre. En réalité, elles ne se prêtaient qu'avec parcimonie, décidant avec autorité du taux et de la durée du crédit.

Avec les femmes, en revanche, elles pouvaient se montrer plus généreuses. Si on les nommait les scandaleuses, c'est aussi parce qu'elles étaient tentées de choisir le cercle de Lesbos.

Puis vint 1914. Et la fin de toutes ces inversions des rapports de force traditionnels. La Grande Guerre fut fatale aussi aux grandes horizontales.

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