Le français n’a jamais été autant écrit que depuis l’ère numérique. Parfois de façon surprenante. Mais une langue est toujours transformée par l’usage. Le français est renouvelé par les trouvailles des uns et des autres. On pense ainsi aux jeunes locuteurs d’aujourd’hui dont les expressions peuvent nous étonner.

Couverture de la première édition du dictionnaire de l'Académie Française de 1694
Couverture de la première édition du dictionnaire de l'Académie Française de 1694 © Getty / Bettmann

Le français n’a jamais été autant écrit que depuis l’ère numérique. Parfois de façon surprenante, il est vrai. Mais une langue est toujours transformée par l’usage.

Ainsi, a-t-on soutenu non sans malice, le français serait le latin parlé actuellement dans une région qui est actuellement la France. Or, en latin, sont apparus deux mots. Inventio et adiventio : la création de quelque chose de nouveau et la trouvaille dans la façon d’agir. Le français est renouvelé par les trouvailles des uns et des autres. On pense spontanément aux jeunes locuteurs d’aujourd’hui dont les expressions peuvent nous étonner. Mais l’an passé, ne célébrait-on pas le rôle irremplaçable des poilus. L’un d’eux avait écrit cette chanson : « Quand sera terminée la guerre/ Que seront vaincus les Prussiens/ On f’ra réviser le dictionnaire/ Par nos braves académiciens/ Nos poilus vaillants et superbes/ Depuis des mois qu’ils sont au vif/ Pourront leur fournir une gerbe/ De nouveaux mots très expressifs. »

Pendant la Grande Guerre, on le sait peu, il arriva à quelques officiers de recommander l’usage des langues régionales et des patois pour ne pas être compris par les espions. En tout cas, sur le front, on entendait tous les accents, on parlait sur tous les tons. Qui plus est, les soldats de l’Empire étaient venus à la rescousse, avec leurs mots à eux.

Aujourd’hui, le français vit à plus grande échelle encore. 220 millions de personnes le pratiquent comme langue maternelle. Soit on soutient comme feu Maurice Druon, ex-Perpétuel de l’Académie française : « Les Québécois qui parlent comme dans le Poitou ou le Perche au début du XVIIème ne vont tout de même pas nous donner des leçons » soit on entend le français qui se parle ailleurs. C’est, pour la ré-invention de la langue, une des sources les plus légitimes qui soit.

En même temps, depuis que notre langue a commencé à s’autonomiser, elle est liée aux pouvoirs et ses locuteurs attendent une sécurité dans les échanges. L’invention doit s’accompagner de régulation. L’Académie française, depuis sa création, a toujours tenté d’assurer cette fonction. A dire le vrai, on se sentirait davantage rassuré si elle comptait aussi dans ses rangs des lexicographes, des grammairiens et des linguistes…

Programmation musicale : Nekfeu "Plume"

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