Rediffusion du 21/11/2014

Jules Michelet
Jules Michelet © Félix Nadar

Michelet veut rassembler tout. Il a le goût de la mort et il ressuscite Saint François et Jeanne d’Arc. Les cathédrales l’ont enchanté et il défend la mystique du peuple. Les sciences naturelles le passionnent comme les archives. C’est un homme désirant.

En 1832, pendant l’épidémie de choléra, il ne se soucie pas d’avoir un peu de fièvre, elle lui vient de la passion qu’il met à commencer l’Histoire de France. En 1838 commencent les cours au Collège de France qui se tiendront dans un grand concours de peuple jusqu’à leur interdiction en 1852.

Le petit homme aux cheveux prématurément blanchis qui, dans sa jeunesse, trottinait de son pas menu dans les archives est devenu un grand entraîneur d’esprits. Pour nourrir ses travaux, il entreprend de longs voyages. Il existe intensément jusque dans sa vie privée qu’a réveillée sa seconde épouse, Athénaïs qu’il adule. Quotidiennement, il prend des notes à la volée qui témoignent de sa curiosité et de la promptitude de son regard.

Editer tout Michelet relève du prodige. Paul Viallaneix aurait été au bout des Œuvres complètes si Flammarion, au bout de seize ans, n’avait buté sur les tout derniers volumes. C’est lui aussi qui a révélé le Journal dans son ampleur : Athénaïs avait eu le double tort de le réécrire et d’en isoler une partie intime, secrète qui resta sous scellés jusqu’en 1950.

Né peuple comme Jules, il a travaillé dans des endroits que celui-ci a merveilleusement décrits : la Montagne Sainte Geneviève, Clermont-Ferrand au cœur du « vaste incendie éteint de l’Auvergne avec ses quarante volcans » et la campagne de Corrèze où, disait Michelet, « il ferait bon vieillir sous les châtaigniers » .

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