Une des portes du palais de Khorsabad lors des fouilles de Victor Place - Gabriel Tranchard en 1853
Une des portes du palais de Khorsabad lors des fouilles de Victor Place - Gabriel Tranchard en 1853 © domaine public

Le terrible chaos que la Syrie et l'Irak traversent aujourd’hui fait entrer l’archéologie dans une autre époque. Depuis le XIXe siècle, elle avait été une carte maîtresse des puissances européennes qui firent pression sur l’empire ottoman pour obtenir des autorisations de fouilles. Les Américains apparurent dans la spécialité bien plus tard, après la Première Guerre. Français et Anglais avaient alors obtenu des mandats pour le Liban, la Syrie et l’Irak et l’archéologie était pour eux un levain qui leur permettait de faire monter en puissance les états-nations dont ils assuraient la gestation. Ceux-ci, parvenus à l’indépendance, ils purent devenir bureaucrates et tatillons, chauvins et nationalistes, l’archéologie néanmoins resta dans leurs programmes.

Un dessin montrait récemment un subalterne survenant dans le bureau de Bachar el Assad : « Président, Daech a pris une ville assyrienne de 3000 ans, maintenant une cité romaine de 2000 ! » Et le président de répondre : «Ils se rapprochent ». Que reste-t-il aujourd’hui en effet de la frontière syro-irakienne ? Que reste-t-il des deux états ? Dans ce désordre, l’archéologie n’a plus de fonction. Elle devient même impie : grâce à elle, les Syriens vivaient naturellement, sans l’idée d’être dans un musée, au milieu de traces des époques mésopotamienne, gréco-romaine, chrétienne, musulmane… Un des slogans de Daech est « Pérenne ! » mais la pérennité, pour l’organisation, ce n’est nullement un continuum. Elle l’entend à la façon d’un groupe totalitaire du XXIe siècle qui veut imposer son idéologie d’aujourd’hui pour mille ans.

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