D’une enfance entre Montpellier, Lunel et Farrebique dans l’Aveyron, il avait gardé l’accent du Languedoc. De l’expérience de la pauvreté, il avait gardé la fierté. Son premier film muet, il l’avait vu en 1916 à la place la moins chère, derrière l’écran : les sous-titres devaient être lus à l’envers. Ensuite, arrivé à Paris en 1925, travaillant la nuit dans les années trente comme linotypiste à Paris-Soir, il s’était nourri de tout le cinéma des temps pionniers : Chaplin et Flaherty, Cecil B. de Mille et les grands Soviétiques et aussi bien Renoir et Carné.

Il s’était acheté une caméra, l’avait démontée car il aimait savoir comment fonctionnaient les choses et il avait commencé à tourner avec ses seuls moyens.

En 1942, il était prêt quand se présenta enfin l’opportunité d’un premier film. Il est consacré à un de ces métiers du monde rural que Rouquier affectionne. C’est un format court : il y excellera. Un documentaire ? Sans doute mais scénarisé. Il tient beaucoup à la narration d’un récit. Ses deux films les plus célèbres, Farrebique et Biquefarre , sont d’ailleurs à la frontière de la fiction, ils content la vie d’une famille paysanne réelle mais dont les membres deviennent des acteurs ; leurs dialogues sont écrits mais d’après leur vie propre et tous leurs gestes sont vrais.

Le premier date de la fin de la guerre, le second de 1983. Ce sont deux chefs d’oeuvre qui bornent un parcours qui est tout sauf une carrière mais où Rouquier n’a jamais tourné contre son gré et a toujours voulu rendre à leur grandeur les vies minuscules.

Agriculteur et sa vache Lourdaise à Lézignan - 1966
Agriculteur et sa vache Lourdaise à Lézignan - 1966 © Roland Darré / Roland Darré

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Espace Georges Rouquier L’Espace Georges Rouquier est un lieu de mémoire et de découverte de l’œuvre du cinéaste qui fut surnommé « Le père du documentaire français » Le cinéaste Georges Rouquier à réalisé et tourné à Goutrens, à 38 ans d’intervalle, deux films cultes de l’histoire du cinéma, Farrebique(grand prix de la critique internationale à Cannes en 1946, médaille d’or à Venise en 1948, Grand Epi d’Or à Rome en 1953) et Biquefarre (Grand prix spécial du jury au festival de Venise en 1983). Sur 250 m2, une frise de 40 mètres de long, des interviews, 58 minutes d’extraits de films sur 12 écrans, une salle de projection, une salle d’exposition.  

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