François Mitterrand, ministre de l'Intérieur en visite en Algérie le 12 novembre 1954
François Mitterrand, ministre de l'Intérieur en visite en Algérie le 12 novembre 1954 © domaine public / Musée national de la Révolution algérienne

L’été 1954 a permis au gouvernement de centre gauche de Pierre Mendès-France de dénouer quelques crises graves : à Genève, au lendemain de Dien Bien Phu, il négocie le désengagement français en Indochine ; à Tunis l’indépendance du pays avec Bourguiba. Toutefois, la question marocaine reste pendante : il est clair qu’il faudra faire revenir de Madagascar le sultan exilé par un cabinet précédent mais la décision n’est pas encore prise car il est évident aussi que Mohammed V reviendra en symbole du nationalisme.

En Algérie, en revanche, la situation apparait faussement calme. L’insurrection du printemps 1945 a été occultée et le statut adopté en 1947 semble faire fonction d’amortisseur. François Mitterrand, le ministre de l’Intérieur, a pourtant averti Mendès : la tension est forte et l’administration faible – la France ne dispose ainsi que d’une poignée de gendarmes dans les Aurès, là où les débuts de l’insurrection seront les plus spectaculaires.

Si le ministre de l’Intérieur est en charge de l’Algérie, c’est que l’Algérie a été intégrée à la France. Trois départements la composent et le statut de 1947 dispose que trente députés la représentent à Paris – quinze élus par le million d’Européens et quinze issus du second collège formé par les huit millions de Français musulmans. « Issus » est plus exact qu’ « élus » : tous les scrutins depuis 1958 ont été manipulés par les autorités de sorte qu’aucun nationaliste ne peut espérer trouver le chemin du Palais-Bourbon. Ni le patriarche Messali Hadj, toujours en résidence surveillée ni Ferhat Abas.

Le 23 octobre 1954, c’est une nouvelle génération de militants qui franchit le pas de l’insurrection. Le FLN et son bras armé l’ALN sont créés. Aussitôt après, à la Toussaint 1954, déferle une vague d’attentats. La mort du jeune instituteur Guy Monnerot qui allait rejoindre son poste dans les Aurès touche particulièrement l’opinion française.

La séance du 12 novembre 1954 à l’Assemblée est évidemment consacrée à ce que la grande presse nomme « la Toussaint sanglante ». Elle est présidée par André Le Troquer.

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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