Néron à Baiae par Jan Styka - vers 1900
Néron à Baiae par Jan Styka - vers 1900 © domaine public / M0tty

En compagnie de Socrate, Alexandre, César, c’est l’un des personnages les plus présents de l’Antiquité gréco-romaine. Et pas seulement parce qu’il a été empereur. Il se voyait autant en acteur qu’en souverain : et, en effet, il a survécu grâce à l’art, à la poésie et au théâtre.

Néron, c’est une figure inépuisable dans laquelle chaque grand moment intellectuel de l’Occident est allé chercher de quoi justifier ses choix. Il a aussi bien symbolisé l’Antéchrist avec lequel aucun compromis n’est possible que le despote éclairé qui cherche juste à maintenir son autorité avec des moyens rationnels. Cependant la représentation, modelée dès le premier siècle, qui revient de manière récurrente est celle du tyran. On se souvient de Chateaubriand : « Lorsque tout tremble devant le tyran et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples. C’est en vain que Néron prospère, Tacite est déjà né dans l’Empire. » Combien de vocations d’historien ne sont-elles pas nées de cette phrase presque trop belle qui renvoie à un Tacite idéalisé dont les « Annales », en même temps qu’elles vouaient l’empereur assassin aux gémonies, départageaient le bien et le mal.

Le moment est venu d’avouer que, maintenant, L’Histoire de Néron nous intéresse moins pour ses intersections avec la morale que pour les rapports qu’elle entretient avec la fiction.

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