Le jogging n’est pas, comme le footing, un simple échauffement. C’est un exercice d’endurance qui produit sa propre énergie. Dans quelle intention ? L’ascèse n’a pas disparu de notre monde mais elle a changé d’objet.

Épreuve de cross
Épreuve de cross © Getty / David Madison

Ce week-end, c’est le marathon de New-York. Un rassemblement qui, à force de s’étendre et de générer un important marché, est parvenu à un degré d’organisation sans faille et sans pareille.

Longtemps, on a présenté les manifestations comparables qui se sont multiplié en France comme une conséquence transatlantique d’une mode américaine. Quand on voit tant et tant de Français – peut être maintenant 20% de la population, pratiquer avec tant d’entrain l’effort physique, on ne peut plus se contenter de telles interprétations intellectuellement paresseuses.

Le jogging est affaire de temps ; Il faut donc maîtriser la chronologie des termes. On a d’abord ici parlé de course à pied, de cross. Quand est-on parvenu jusqu’au running ?

Au départ, le jogging ne coûtait quasi rien. Puis est venu le temps des équipementiers. Et de l’électronique embarquée : si vous nous écoutez en courant, vous avez peut-être même, en sus de vos écouteurs aux oreilles, un cardiofréquencemètre et d’autres appareils de mesure fixés au bras. Mais ce n’est pas l’analyse économique qui suffira à épuiser le phénomène !

Le jogging n’est pas, comme le footing, un simple échauffement. C’est un exercice d’endurance qui produit sa propre énergie. Dans quelle intention ? L’ascèse n’a pas disparu de notre monde mais elle a changé d’objet. Un cantique des églises d’autrefois disait : « Je n’ai qu’une âme et c’est elle qu’il faut sauver. » Nous aurions tendance à chanter aujourd’hui: « Je n’ai qu’un corps et c’est lui qu’il faut sauver » ?

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.