Le bolivarisme n’a pas besoin de dire qu’il attend la résurrection des morts. On croit ici que c’est une idéologie. C’est un messianisme.

Statue équestre de Bolivar, à Caracas
Statue équestre de Bolivar, à Caracas © Getty / De Agostini / M. Seemuller

Le poème de Neruda est bien connu en Amérique latine, Chavez aimait le reprendre. « Bolivar, capitaine…Fils cloué sur la croix. Et Père qui est sur la terre, sur l’eau, sur l’air… Tout porte ton nom dans notre demeure »

Le Libertador est mort en 1830

Il était devenu impopulaire, ne sachant plus sur quelle pierre poser la tête. Ses yeux et sa bouche ne souriaient plus jamais ensemble et ce désaccord marquait sa souffrance. Fils de l’Homme cloué sur sa croix…

Le culte qui lui fut rendu assez rapidement était variable selon les pays que son action avait concernés – Colombie, Bolivie, Equateur.... Au Venezuela, c’était une religion civique organisée par l’Etat et chargée de cimenter la cohésion sociale. Dès 1842, deux ans après le retour des restes de Napoléon, Caracas avait organisé celui des restes de Bolivar. A la différence de l’empereur, le Libertador repose dans un Panthéon. L’important est qu’il y soit seul, lui aussi.

Sans doute l’homme unique remue-t-il beaucoup dans sa tombe

En tout cas, depuis 1945 au moins, la religion civique consensuelle qui l’entourait est comme parcourue de décharges électriques. Sa part d’imaginaire bourgeonne. Depuis les années 1990, c’est une explosion paroxystique. On sait qu’Hugo Chavez s’est présenté en Libertador numéro deux. Quatre ans après sa mort en 2013, au milieu du malheur de son pays, son corps attend fébrilement de rejoindre le second panthéon de Caracas qu’il s’était construit.

Le bolivarisme n’a pas besoin de dire qu’il attend la résurrection des morts. On croit ici que c’est une idéologie. C’est un messianisme.

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