Saint Louis confie à des légistes le soin de rendre la justice dans sa cour de Parlement qui va devenir une juridiction d’appel. La diffusion progressive du droit romain va beaucoup aider la construction du pouvoir judiciaire du souverain.

Pendaison d'un bandit
Pendaison d'un bandit © Getty / Leemage

La mémoire collective a gardé quelques traces du Roman de Renart et aussi de la réforme de la justice de Saint Louis. Il se trouve que les deux grandes œuvres sont contemporaines, datant l’une et l’autre de la première moitié du XIIIème siècle.

Saint Louis confie à des légistes le soin de rendre la justice dans sa cour de Parlement qui va devenir une juridiction d’appel. La diffusion progressive du droit romain va beaucoup aider la construction du pouvoir judiciaire du souverain. Le droit romain affirme que, pour le bien de la chose publique, il importe que les crimes ne demeurent pas impunis.

Et il permet de distinguer au milieu d’eux les plus graves, les plus énormes... Le roi peut dire qu’ils entravent son travail qui est de mener ses sujets vers le salut. Et affirmer qu’il a, en conséquence, le droit d’utiliser la peine de mort, en dépit du commandement « Tu ne tueras pas ».

Oui mais la religion recommande au moins la miséricorde. Comment trouver l’équilibre avec la justice ? Saint Louis pouvait ne pas faire preuve de compassion.

Un exemple. Les proches d’un condamné à mort avaient voulu tirer parti du Vendredi Saint pour faire fléchir le roi qui consacrait ce jour à l’office et à la lecture du psautier. S’étant informé de la réalité des crimes du personnage, Saint Louis non seulement n’avait pas commué la peine mais il l’avait fait exécuter le jour même.

L’idée de Renart qui était de solliciter le roi Lion par un « Je me repens d’avoir fait trop de mal à Ysengrin » très sonore était-elle pour autant mauvaise ? Du XIIIème aux XVème siècles, le souverain n’a pas été avare de son pardon. La rémission de la peine l’a emporté sur son exécution. C’est à se demander si le roi n’a pas davantage prouvé son pouvoir sur la vie de ses sujets en la sauvant qu’en la tranchant.  

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