Dans le volume collectif « L’exploration du monde, une autre histoire des grandes découvertes » quelque 80 chercheurs ont rédigé 92 articles...il faut aussi y chercher une autre ligne directrice, celle dessinée, quoiqu’avec intermittence, par d’ « illustres voyageuses ».

Ella Maillart à Saint-Malo en 1991
Ella Maillart à Saint-Malo en 1991 © AFP / Ulf Andersen / Aurimages

Le volume collectif « L’exploration du monde, une autre histoire des grandes découvertes » tente de redonner leur part d’initiative aux différents continents qu’ont parcouru  les Européens. Il veut aussi laisser deviner comment les extra-européens considéraient l’Europe avant que la colonisation ne devienne un système.

Dans le travail des quelque 80 chercheurs qui ont rédigé 92 articles, il faut aussi chercher une autre ligne directrice, celle dessinée, quoiqu’avec intermittence, par d’ « illustres voyageuses ». 

Un livre qui portait ce titre dès 1866.  Il s’attachait surtout à de fortes  personnalités du XIXème. Mais auparavant, il est juste de parler de Maria Sybila Merian, entomologiste néerlandaise du XVIIème ou de Jeanne Barret, naturaliste qui, en 1767, était à bord de la petite flotte de Bougainville.

Jeanne Barret s’était travestie en marin pour y participer. Les femmes étaient en effet  rarement les bienvenues dans les expéditions lointaines. Au XXème encore, Charcot n’a pas voulu qu’Odette du Puigaudeau parte avec lui en Arctique : elle a jeté son dévolu sur l’Afrique. Ella Maillart s’est vue refuser par André Citroën  l’accès à sa Croisière jaune : elle  est allée en Asie par ses propres moyens, finançant ses voyages aventureux par la vente de ses articles ou de ses livres.

Au XXème siècle, les « illustres voyageuses » ont gagné en indépendance financière. Mais quand elles connaissent le succès – on pense non seulement  à Ella Maillart mais aussi à Anita Conti  – c’est souvent trop tard. A un moment, en tout cas, où il n’y  a plus de terres inconnues sur les cartes. Les voyageuses connaissent d’autant plus le succès qu’elles démythifient l’exploration face à un public beaucoup plus moins naïf qu’autrefois.

Bibliographie :

  • L'exploration du monde. Une autre histoire des Grandes Découvertes de Romain Bertrand (Seuil).
  • Mirages de la carte. L'invention de l'Algérie coloniale, XIXe-XXe siècle de Hélène Blais (Fayard).
  • Voyages au grand océan. Géographies du Pacifique et colonisation 1815-1845 de Hélène Blais (CTHS).
  • Juive, Catholique, Protestante. Trois femmes en marge au XVIIe siècle de Natalie Zemon Davis (Seuil).
  • La Bougainvillée de Fanny Deschamps (Albin Michel).
  • Une odyssée africaine. Une exploratrice victorienne chez les mangeurs d'hommes, 1893-1895 de Mary Kingsley (Payot).
  • La voie cruelle. Deux femmes, une Ford vers l'Afghanistan de Ella Maillart (Payot).
  • Oasis interdites. De Pékin au Cachemire - Une femme à travers l'Asie centrale en 1935 de Ella Maillart (Payot).

Chanson Notre île, ton île, mon île de Jeanne Moreau.

Site Ella Maillart

Les invités
L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.